Quand un amateur retrouve un satellite disparu

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IMAGE (Imager for Magnetopause-to-Aurora Global Exploration) est un satellite américain qui devait étudier la magnétosphère de la Terre et qui connut une histoire insolite : en 2005, la NASA perdit tout contact avec lui. Le satellite resta silencieux pendant plus de 12 ans, avant que son signal ne soit retrouvé en janvier 2018 par un astronome amateur, confirmé par la NASA une semaine plus tard !


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Il est aussi capable de retrouver les chaussettes perdues dans le lave-linge ?

Ca s'appelle un satellite zombie... Il est mort, et se remet à vivre (au moins partiellement) des années plus tard.
Sur un satellite, il arrive que le logiciel ou le matériel plante suffisamment pour causer un bug grave, notamment à cause des radiations qui peuvent modifier la mémoire électronique.
Évidemment, tout est conçu pour éviter cela (blindage, redondance, etc.) et par-dessus on ajoute aussi différents moyens indépendants pour tout réinitialiser quand ca arrive quand même (watchdog qui redémarre tout si aucun signal n'a été reçu durant 3 jours par exemple, antenne indépendante, etc.).
Mais ... ca peut arriver quand même (dans le cas du satellite de l'anecdote, principalement car un disjoncteur n'avait pas parfaitement été documenté et donc les procédures de réinitialisation n'en tenait pas bien compte).

Dans ce cas, il ne reste plus qu'à croiser les doigts et espérer avoir de la chance: par exemple, que les batteries finissent par se vider en même temps que le satellite passe dans une éclipse pour couper la production des panneaux solaires, en espérant qu'il reboote correctement une fois qu'il repasse au soleil...

Il y a eu des cas où des satellites ont ainsi envoyé à nouveau des signaux radios après 40 ou même 50 ans de silence... Des fois où le satellite redevient pleinement fonctionnel après plusieurs mois hors-ligne. Mais j'aime bien le cas de l'AO-7, un satellite radioamateur lancé en 1974. En 1981, un problème de batterie le met hors-service, mais 21 ans plus tard, en 2002, le même amateur que dans l'anecdote annonce qu'il a découvert que le satellite s'était remis à communiquer à nouveau. On pense qu'avec le temps, sa batterie s'est mise en court-circuit, ce qui a permis aux panneaux d'alimenter directement le satellite, on se sait pas trop depuis quand. Du coup, les radioamateurs peuvent toujours s'en servir quand il est au soleil, encore aujourd'hui...

Mais en fait, certaines personnes s'étaient déjà rendu compte de cela avant cette annonce publique de 2002: au cours de l’été 1982, un groupe d'activistes polonais apprit que l’AO-7 redevenait périodiquement opérationnel lorsque ses panneaux solaires recevaient suffisamment de lumière pour alimenter le satellite. Il fut alors utilisé pour communiquer avec les militants activistes dans d’autres villes polonaises et pour envoyer des messages vers l’Ouest. Autant dire que les communications par satellite étaient inestimables à cette époque, car le réseau téléphonique classique était mis sur écoute par le gouvernement et avait été coupé lors de l’instauration de la loi martiale en 1981. Les radios amateurs n’étaient pas d’une grande utilité, car les émissions étaient faciles à localiser. En revanche, une liaison par satellite nécessitait des antennes hautement directionnelles, impossibles à localiser par le régime.


Tous les commentaires (2)

Il est aussi capable de retrouver les chaussettes perdues dans le lave-linge ?

Ca s'appelle un satellite zombie... Il est mort, et se remet à vivre (au moins partiellement) des années plus tard.
Sur un satellite, il arrive que le logiciel ou le matériel plante suffisamment pour causer un bug grave, notamment à cause des radiations qui peuvent modifier la mémoire électronique.
Évidemment, tout est conçu pour éviter cela (blindage, redondance, etc.) et par-dessus on ajoute aussi différents moyens indépendants pour tout réinitialiser quand ca arrive quand même (watchdog qui redémarre tout si aucun signal n'a été reçu durant 3 jours par exemple, antenne indépendante, etc.).
Mais ... ca peut arriver quand même (dans le cas du satellite de l'anecdote, principalement car un disjoncteur n'avait pas parfaitement été documenté et donc les procédures de réinitialisation n'en tenait pas bien compte).

Dans ce cas, il ne reste plus qu'à croiser les doigts et espérer avoir de la chance: par exemple, que les batteries finissent par se vider en même temps que le satellite passe dans une éclipse pour couper la production des panneaux solaires, en espérant qu'il reboote correctement une fois qu'il repasse au soleil...

Il y a eu des cas où des satellites ont ainsi envoyé à nouveau des signaux radios après 40 ou même 50 ans de silence... Des fois où le satellite redevient pleinement fonctionnel après plusieurs mois hors-ligne. Mais j'aime bien le cas de l'AO-7, un satellite radioamateur lancé en 1974. En 1981, un problème de batterie le met hors-service, mais 21 ans plus tard, en 2002, le même amateur que dans l'anecdote annonce qu'il a découvert que le satellite s'était remis à communiquer à nouveau. On pense qu'avec le temps, sa batterie s'est mise en court-circuit, ce qui a permis aux panneaux d'alimenter directement le satellite, on se sait pas trop depuis quand. Du coup, les radioamateurs peuvent toujours s'en servir quand il est au soleil, encore aujourd'hui...

Mais en fait, certaines personnes s'étaient déjà rendu compte de cela avant cette annonce publique de 2002: au cours de l’été 1982, un groupe d'activistes polonais apprit que l’AO-7 redevenait périodiquement opérationnel lorsque ses panneaux solaires recevaient suffisamment de lumière pour alimenter le satellite. Il fut alors utilisé pour communiquer avec les militants activistes dans d’autres villes polonaises et pour envoyer des messages vers l’Ouest. Autant dire que les communications par satellite étaient inestimables à cette époque, car le réseau téléphonique classique était mis sur écoute par le gouvernement et avait été coupé lors de l’instauration de la loi martiale en 1981. Les radios amateurs n’étaient pas d’une grande utilité, car les émissions étaient faciles à localiser. En revanche, une liaison par satellite nécessitait des antennes hautement directionnelles, impossibles à localiser par le régime.