En 1985, la crise de Sigonella aurait pu mal tourner. Après le détournement d'un paquebot italien par des terroristes palestiniens, des chasseurs américains forcèrent l'avion transportant les responsables à atterrir sur la base de Sigonella, en Sicile. Mais à l'atterrissage, les militaires italiens encerclèrent l'appareil les premiers. Ils furent alors encerclés par des soldats américains de la Delta Force, venus réclamer les terroristes. Des carabiniers italiens arrivèrent ensuite et entourèrent à leur tour les forces américaines.
Après plusieurs heures de face-à-face, l'Italie refusa de remettre les suspects aux États-Unis et imposa sa juridiction, provoquant une importante crise diplomatique entre les deux alliés.

Commentaires préférés (3)
C'est un peu le problème des gouvernements US *, c'est de ce croire partout un peu chez eux...
Un paquebot (« packet boat », bateau pour le courrier, à l’origine) est bien un bateau.
Il manque certains détails dans l’anecdote:
Les terroristes palestiniens détournent le paquebot italien Achille Lauro. Après négociation, ils obtiennent un sauf‑conduit et quittent le navire pour l’Égypte, puis embarquent sur un avion pour quitter le pays. Des chasseurs américains interceptent cet appareil et le forcent à atterrir à Sigonella, en Sicile, où le face‑à‑face tendu oppose forces américaines et italiennes.
L’article Wikipedia est très intéressant.
En réalité, cette histoire illustre surtout les énormes désaccords de fond sur les différentes positions politiques autour du conflit Irako-iranien, l’accord Égypte-Israël, le Liban, la Syrie…
Voici un résumé et quelques précisions pour bien comprendre l’histoire du bateau et de l’avion.
Les terroristes (armés jusqu’aux dents) embarquent sur un bateau de croisière et ont comme première intention de débarquer lors d’une escale à Ashdod (le plus grand port Israélien) pour commettre un attentat.
Les terroristes, apparement pas bien préparés, décident de nettoyer leurs armes dans leur cabine et la, pas d’chance, une membre d’équipage les surprend.
Les terro’ décident de passer à l’action et prennent en otage tout le bateau ! Rien à voir donc avec le plan de départ.
Ils ne demandent pas de rançon mais exigent la libération de 50 prisonniers retenus en Israël.
Les terroristes menacent de tuer les otages et mettent leur menace à exécution en tuant Léon, un américain, handicapé et de religion juive.
(Wikipédia précise ces détails et sous entend que le choix de cette personne était voulu).
Les américains l’apprennent, il sont vénères et menacent d’intervenir mais les italiens refusent; au contraire même, les italiens négocient avec le patron des terroristes, Abou Abbas (aucun lien de parenté avec Mahmoud) via les égyptiens.
S’en suit toute une série de désaccord entre les italiens eux mêmes en interne et les américains.
Entre temps, Yacer Arafat passe un coup de fil pour dire qu’il n’y est pour rien.
Finalement, un accord est trouvé (sans les américains) : les terroristes libèrent les otages et se barrent en avion sur un vol EgyptAir en direction de la Tunisie, sauf que les américains, découvrant que les pirates se sont fait la malle, veulent annuler le décollage. Trop tard !
Ils décident donc d’intercepter l’avion en envoyant des chasseurs, des F14 Tomcat (les même que dans Top Gun 1 et 2).
Les pilotes ne sachant pas où est l’avion, contrôlent (de nuit) tous les appareils se trouvant sur le parcours jusqu’en Tunisie.
Une fois repéré, les américains forcent l’avion à se poser mais comme la situation est tendue avec les Italiens, ils demandent aux tunisiens puis au grecques d’accueillir l’appareil… ce que les deux pays refusent.
Pas le choix, le 737 devra se poser sur une base l'américaine de l’OTAN en Sicile.
De là s’en suit la situation « je t’encercle, tu m’encercles, nous t’encerclons… »
C’est finalement Reagan qui lâche l’affaire.
Fait surprenant, les Italiens ont laissé partir le cerveau de l’opération, le fameux Abou Abbas et le président du conseil Italien l’aidera plus tard à se réfugier en Serbie.
Il se fera chopper quelques années plus tard en Irak par les américains.
Tous les commentaires (12)
C'est un peu le problème des gouvernements US *, c'est de ce croire partout un peu chez eux...
Je suis sincèrement désolé, mais c'est une vraie question : on peut utiliser le terme "paquebot" pour désigner un avion ?
Autant le terme "cargo" m'est connu, par l'expression "avion-cargo" mais "paquebot" ?
Un paquebot (« packet boat », bateau pour le courrier, à l’origine) est bien un bateau.
Il manque certains détails dans l’anecdote:
Les terroristes palestiniens détournent le paquebot italien Achille Lauro. Après négociation, ils obtiennent un sauf‑conduit et quittent le navire pour l’Égypte, puis embarquent sur un avion pour quitter le pays. Des chasseurs américains interceptent cet appareil et le forcent à atterrir à Sigonella, en Sicile, où le face‑à‑face tendu oppose forces américaines et italiennes.
Merci pour l'origine du mot paquebot, JMCMB !
L’article Wikipedia est très intéressant.
En réalité, cette histoire illustre surtout les énormes désaccords de fond sur les différentes positions politiques autour du conflit Irako-iranien, l’accord Égypte-Israël, le Liban, la Syrie…
Voici un résumé et quelques précisions pour bien comprendre l’histoire du bateau et de l’avion.
Les terroristes (armés jusqu’aux dents) embarquent sur un bateau de croisière et ont comme première intention de débarquer lors d’une escale à Ashdod (le plus grand port Israélien) pour commettre un attentat.
Les terroristes, apparement pas bien préparés, décident de nettoyer leurs armes dans leur cabine et la, pas d’chance, une membre d’équipage les surprend.
Les terro’ décident de passer à l’action et prennent en otage tout le bateau ! Rien à voir donc avec le plan de départ.
Ils ne demandent pas de rançon mais exigent la libération de 50 prisonniers retenus en Israël.
Les terroristes menacent de tuer les otages et mettent leur menace à exécution en tuant Léon, un américain, handicapé et de religion juive.
(Wikipédia précise ces détails et sous entend que le choix de cette personne était voulu).
Les américains l’apprennent, il sont vénères et menacent d’intervenir mais les italiens refusent; au contraire même, les italiens négocient avec le patron des terroristes, Abou Abbas (aucun lien de parenté avec Mahmoud) via les égyptiens.
S’en suit toute une série de désaccord entre les italiens eux mêmes en interne et les américains.
Entre temps, Yacer Arafat passe un coup de fil pour dire qu’il n’y est pour rien.
Finalement, un accord est trouvé (sans les américains) : les terroristes libèrent les otages et se barrent en avion sur un vol EgyptAir en direction de la Tunisie, sauf que les américains, découvrant que les pirates se sont fait la malle, veulent annuler le décollage. Trop tard !
Ils décident donc d’intercepter l’avion en envoyant des chasseurs, des F14 Tomcat (les même que dans Top Gun 1 et 2).
Les pilotes ne sachant pas où est l’avion, contrôlent (de nuit) tous les appareils se trouvant sur le parcours jusqu’en Tunisie.
Une fois repéré, les américains forcent l’avion à se poser mais comme la situation est tendue avec les Italiens, ils demandent aux tunisiens puis au grecques d’accueillir l’appareil… ce que les deux pays refusent.
Pas le choix, le 737 devra se poser sur une base l'américaine de l’OTAN en Sicile.
De là s’en suit la situation « je t’encercle, tu m’encercles, nous t’encerclons… »
C’est finalement Reagan qui lâche l’affaire.
Fait surprenant, les Italiens ont laissé partir le cerveau de l’opération, le fameux Abou Abbas et le président du conseil Italien l’aidera plus tard à se réfugier en Serbie.
Il se fera chopper quelques années plus tard en Irak par les américains.
Toutes l'histoire devient plus clair après vous avoir lu
Ici, le mot "paquebot" désigne un navire et plus concrètement le bateau de croisière Achille Lauro. Celui-ci est devenu célèbre malgré-lui le 07 octobre 1985, quand le navire et tous ses intégrants (équipiers et clients) furent pris en otage par le groupe terroriste palestinien Front de Libération de la Palestine.
Le groupe terroriste FLP menaça d'exécuter des otages, si 50 terroristes palestiniens n'étaient pas libérés des prisons Israéliennes.
Le premier (et heureusement unique) passager exécuté fut Léon Klinghoffer. Ce ne fut pas un hasard: Mr Klinghoffer -à part d'être paraplégique- est citoyen Américain...et Juif de confession religieuse.
Suite à l'exécution par le chef du groupe terroriste palestinien, d'une balle dans le torse et une autre dans la tête, son corps, encore dans sa chaise roulante, furent jetés à la mer.
Les plus hauts dirigeants du FLP, apprenant l'exécution de Léon Klinghoffer, vont donner l'ordre au groupe terroriste ayant séquestré les intégrants du bateau de croisière, de ne plus assassiner d'autre(s) otage(s), ainsi que de faire se diriger le paquebot jusqu'a Port-Saïd, en Égypte.
Les membre du groupte Terroriste palestinien FLP, vont débarquer dans le port Égyptien, puis prendre un avion pour la Tunisie.
C'est àce moment-là qu'un porte-avions Américain, naviguant en Méditerranée Orientale, entre en scène. Il reçoit l'ordre de faire décoller plusieurs avions de chasse, afin d'intercepter l'avion transportant les terroristes palestiniens. Il sera finalement localisé au Sud de la Crète.
Les pilotes militaires américains vont convaincre le pilote de l'avion transportant les terroriste palestiniens, d'aller atterrir sur la piste de la base Italienne de Sigonella.... Ici commence ce que décrit l'anecdote SCMB.
NB: certes, l'anecdote (limitée par son nombre de caractères) n'a pas décrit tout ce qui est relatif à l'Achille Lauro. À mes yeux, c'était néanmoins nécéssaire pour comprendre ce qui a conduit à la situation de Sigonella. Les détails ci-dessus devraient vous aider.
Il me semble également indispensable d'avoir écrit cette description de la situation ci-dessus, et plus particulièrement tout ce qui est relatif à Léon Klinghoffer: en règle générale, les Autorités de Washington font tout leur possible, quand un citoyen Américain est en danger. La règle n'a pas dérogé, dans le cas de l'Achille Lauro.
Si Léon Klinghoffer avait porté une autre nationalité que l'Américaine, il est vraissemblable qu'il n'aurait pas été ordonné aux pilotes d'avion de chasse d'intercepter l'avion transportant les terroristes palestiniens, ni de sommer le pilote égyptien d'aller atterrir à Sigonella.
Ah d'accord !
J'avais deux interprétations :
- soit un paquebot pouvait également designer un avion.
- soit l'anecdote contenait d'énormes ellipses !
Me voilà rassuré.
Merci !
Comme dans la plupart des anecdotes, quand on ne comprend pas ou qu’on souhaite des explications complémentaires, souvent il suffit de lire les sources.
Ça évite, plusieurs longs commentaires de répéter la même chose…
Cette histoire est plus qu'incroyable !
Elle mériterai largement un film (dommage qu'Hollywood soit américain et le cinéma...
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Merci à Pierre pour ces précieuses précisions
Il y a quelques éléments importants qui n'ont pas été cités. Un des points essentiel du désaccord Italie/USA et leur refus d'extrader les dirigeants palestiniens qui se trouvaient dans l'appareil en même temps que le commando.
En effet grâce à l'intervention et la négociation de l'Égypte, les terroristes ont accepté de libérer les otages et le navire, en échange d'un sauf-conduit et de la possibilité de s'envoler vers un pays tiers. Une des conditions était qu'il n'y ait pas de crimes commis à bord... condition on l'a compris qui n'avait pas été respecté mais visiblement ce n'était pas forcément su sur le moment.
L'avion décolla avec à son bord le commando du personnel volant et également diplomatique égyptien et deux dirigeants palestiniens qui avaient participé aux négociations.
Finalement la Tunisie pays de destination refusa l'atterrissage et c'est en repartant vers l'Égypte que le détournement du vol par les chasseurs américain se fit. Arrivée sur la base de l'Otan en Sicile les américains exigèrent de l'Italie l'extradition de tous les Palestiniens présent. L'Italie refusa l'idée d'extrader les 2 dirigeants palestiniens contre qui il n'y avait aucune preuve de participation. Finalement Reagan céda.
Merci parce que c'était pas clair du tout.