Certains champignons ont de quoi percer

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Pour infecter leurs hôtes, certains champignons disposent d’une arme spéciale : l’appressorium. Cette structure spécialisée se forme à la surface d’une feuille ou d’une tige et développe une pression interne énorme, pouvant atteindre environ 80 bars (l’équivalent de la pression à 800 m sous l’eau). Cette pression mécanique, combinée à des enzymes, permet au champignon de percer la cuticule de la plante et de s’y introduire.


Commentaires préférés (3)

Alors pour le coup l'anecdote n'est pas claire !

En fait le champignon ne va pas perforer la paroi de la cellule. Il va grâce à une partie (haustorium) qui se développe contre la cellule, distendre la paroi jusqu'à la rendre perméable.

Pour imaginer, c'est comme quand vous pressez votre doigt contre le latex d'un ballon coloré, plus vous appuyez, plus le latex s'étire, plus la couleur s'estompe et le latex devient perméable !

Cette perméabilité permet au champignon de ne "pomper" que les plus petites protéines/molécules, et ainsi par exemple ne pas "sucer" les tanins que pourrait produire la plante en réaction à l'agression !

C'est encore plus formidable que ce qui est expliqué dans l'anecdote en fait !

Comment mesure-t’on la pression et comment la membrane se maintient sur la feuille ?

a écrit : Comment mesure-t’on la pression et comment la membrane se maintient sur la feuille ? Il y a plusieurs méthodes pour mesurer la force exercée par l'appresorium.

La plus mécanique et directe est de mesurer la force de pénétration nécessaire pour percer un substrat artificiel. Force appliquée sur la surface donne la pression. Pour Magnaporthe oryzae, les valeurs rapportées atteignent environ 8 MPa soit 80 bars.

La seconde, la plus classique apparemment, est la méthode de plasmolyse osmotique. On place les appressoria dans des solutions contenant différentes concentrations de solutés (glycérol, PEG), et si la concentration externe devient suffisamment élevée, l'eau sort de l'appressorium. La concentration critique permet de calculer la pression osmotique interne grâce à l'équation de Van't Hoff. Cette approche a permis d'estimer des pressions de l'ordre de 8 MPa, soit toujours 80 bars chez le champignon du riz Magnaporthe oryzae.

La troisième, plus expérimentale, est la mesure directe par capteurs mécanosensibles. Des travaux récents ont utilisé des protéines fluorescentes sensibles à la tension mécanique. Le changement de fluorescence permet d'estimer directement les contraintes exercées sur la membrane et donc la pression interne de l'appressorium.


Tous les commentaires (10)

Alors pour le coup l'anecdote n'est pas claire !

En fait le champignon ne va pas perforer la paroi de la cellule. Il va grâce à une partie (haustorium) qui se développe contre la cellule, distendre la paroi jusqu'à la rendre perméable.

Pour imaginer, c'est comme quand vous pressez votre doigt contre le latex d'un ballon coloré, plus vous appuyez, plus le latex s'étire, plus la couleur s'estompe et le latex devient perméable !

Cette perméabilité permet au champignon de ne "pomper" que les plus petites protéines/molécules, et ainsi par exemple ne pas "sucer" les tanins que pourrait produire la plante en réaction à l'agression !

C'est encore plus formidable que ce qui est expliqué dans l'anecdote en fait !

Comment mesure-t’on la pression et comment la membrane se maintient sur la feuille ?

Pression de turgescence, j'imagine qu'il doit y avoir un rapport de type volume/surface. Est-ce que c'est mesuré en labo en faisant germer des spores sur un substrat permettant de mesurer cette pression... ?

Pour l'adhérence, bah colle végétale j'imagine ...

a écrit : Comment mesure-t’on la pression et comment la membrane se maintient sur la feuille ? Il y a plusieurs méthodes pour mesurer la force exercée par l'appresorium.

La plus mécanique et directe est de mesurer la force de pénétration nécessaire pour percer un substrat artificiel. Force appliquée sur la surface donne la pression. Pour Magnaporthe oryzae, les valeurs rapportées atteignent environ 8 MPa soit 80 bars.

La seconde, la plus classique apparemment, est la méthode de plasmolyse osmotique. On place les appressoria dans des solutions contenant différentes concentrations de solutés (glycérol, PEG), et si la concentration externe devient suffisamment élevée, l'eau sort de l'appressorium. La concentration critique permet de calculer la pression osmotique interne grâce à l'équation de Van't Hoff. Cette approche a permis d'estimer des pressions de l'ordre de 8 MPa, soit toujours 80 bars chez le champignon du riz Magnaporthe oryzae.

La troisième, plus expérimentale, est la mesure directe par capteurs mécanosensibles. Des travaux récents ont utilisé des protéines fluorescentes sensibles à la tension mécanique. Le changement de fluorescence permet d'estimer directement les contraintes exercées sur la membrane et donc la pression interne de l'appressorium.

a écrit : Comment mesure-t’on la pression et comment la membrane se maintient sur la feuille ? L'appressorium adhère à la feuille grâce à une combinaison d'adhésion chimique et d'ancrage mécanique. Dès la germination de la spore, le champignon sécrète un mucilage adhésif qui agit comme une colle. Ensuite, l'appressorium s'aplatit contre la cuticule végétale pour augmenter sa surface de contact. Ca améliore les interactions physiques et chimiques avec la surface de la plante. Et enfin, la pression renforce l'appui un peu comme une ventouse très rigide.

a écrit : L'appressorium adhère à la feuille grâce à une combinaison d'adhésion chimique et d'ancrage mécanique. Dès la germination de la spore, le champignon sécrète un mucilage adhésif qui agit comme une colle. Ensuite, l'appressorium s'aplatit contre la cuticule végétale pour augmenter sa surface de contact. Ca améliore les interactions physiques et chimiques avec la surface de la plante. Et enfin, la pression renforce l'appui un peu comme une ventouse très rigide. Afficher tout Merci pour la réponse

Ce sont par ailleurs des champignons qui on fissuré les roches primitives de la terre jusqu à en faire un sol friable Devenant un terreau qui accueillera les premières plantes à racines.

a écrit : Ce sont par ailleurs des champignons qui on fissuré les roches primitives de la terre jusqu à en faire un sol friable Devenant un terreau qui accueillera les premières plantes à racines. Ils ont joué un rôle majeur mais n'ont pas fait ça tout seuls non plus. Si on devait classer les principaux acteurs dans l'ordre ça donnerait :

- L'eau liquide : indispensable pour l'altération chimique des roches.

- Les phénomènes physiques (température, érosion, fissuration) via pluie, vent, gel/dégel, atmosphère.

- Les micro-organismes qui dissolvent les sols puis commencent à produire de la matière organique.

- Les champignons, qui accélèrent fortement la fragmentation et l'altération des roches.

- Les plantes et leurs racines, qui stabilisent et enrichissent les sols.

- L'accumulation d'humus, qui crée la fertilité durable.

a écrit : Alors pour le coup l'anecdote n'est pas claire !

En fait le champignon ne va pas perforer la paroi de la cellule. Il va grâce à une partie (haustorium) qui se développe contre la cellule, distendre la paroi jusqu'à la rendre perméable.

Pour imaginer, c'est comme quand vou
s pressez votre doigt contre le latex d'un ballon coloré, plus vous appuyez, plus le latex s'étire, plus la couleur s'estompe et le latex devient perméable !

Cette perméabilité permet au champignon de ne "pomper" que les plus petites protéines/molécules, et ainsi par exemple ne pas "sucer" les tanins que pourrait produire la plante en réaction à l'agression !

C'est encore plus formidable que ce qui est expliqué dans l'anecdote en fait !
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Tu confonds paroi et membrane là