La longue carrière judiciaire posthume de Marinus van der Lubbe

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Les décisions juridiques sont parfois surprenantes. C'est par exemple le cas pour Marinus van der Lubbe, l'incendiaire présumé du Reichstag, le parlement allemand, en 1933. Bien qu'exécuté en 1934, il fut condamné à 8 ans de prison à titre posthume en 1967, puis acquitté par la justice allemande en 2008.


Tous les commentaires (48)

a écrit : Les joies de la justice ..

1933 : tentative d'incendie du Reichstag et autres bâtiments
1934 : Marinus van der Lubbe est condamné à mort et est décapité à la hache
1967 : annulation de la condamnation à mort et condamnation à 8 ans de prison à titre posthume
1980 : acquittement
de la condamnation à 8 ans de prison
1981 : annulation de l'acquittement en appel
2008 : acquittement de la condamnation à 8 ans de prison car jugé illégal mais sans statuer sur la culpabilité de van der Lubbe.
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C’est à en perdre la tête

Ne pas confondre les adjectifs juridique et judiciaire : en l’occurrence, il s’agit d’une décision judiciaire.

Le terme juridique désigne précisément ce qui se rapporte à la matière, au domaine, aux sources et au contenu du droit (lois, règlements divers).

Le terme judiciaire en revanche se rapporte à la justice dans le cadre de procès, il s'agit en fait de l'aspect pratique du droit

a écrit : Il est coupable d'avoir foutu le feu, mais c'était pour la bonne cause dirons-nous.

Après tout, le Reichstag a été volontairement rasé jusqu'aux fondations après la guerre car ce qu'il symbolisait était trop lourd à porter, donc ce mec était coupable, mais plus maintenant techniquement
parlant.

Tout est relatif, surtout avec le temps. ;)
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Le Reichstag n'a pas été rasé jusqu'aux fondations comme vous l'affirmez, on en voit encore la coupole en partie recouverte de verre.

a écrit : Il suffit de taper palais du Reichstag sur Gogol pour trouver les photos actuelles, je crois même qu'il s'agit du Bundestag maintenant puisque le Reich a été aboli, heureusement. Il suffit de taper Reichstag dans Google pour savoir ceci :

"Las, dans la nuit du 28 février 1933, le nouveau bâtiment est incendié et sa longue agonie commence. Bombardé, utilisé comme camp retranché, convoité par l'Armée rouge, défendu par les nazis, le Reichstag subit tous les outrages. Le 2 mai 1945, c'est presque au-dessus d'une ruine qu'est hissé le drapeau rouge de l'URSS. Dix ans plus tard, ce qui reste de la coupole, dangereux échafaudage de verre et de métal brisé, est rasé. En 1956, la décision est prise de reconstruire le Parlement, sans but immédiat puisque Berlin n'est plus la capitale de l'Allemagne." (www.lemoniteur.fr/article/le-reichstag-la-renaissance-d-un-symbole.49589)

Donc il a bien été rasé mais pas du tout à cause du symbole nazi (le parlement représentait avant tout la démocratie bien avant le régime nazi) mais plutôt car le bâtiment n'était plus qu'une ruine. Il a été depuis reconstruit.

a écrit : Il est coupable d'avoir foutu le feu, mais c'était pour la bonne cause dirons-nous.

Après tout, le Reichstag a été volontairement rasé jusqu'aux fondations après la guerre car ce qu'il symbolisait était trop lourd à porter, donc ce mec était coupable, mais plus maintenant techniquement
parlant.

Tout est relatif, surtout avec le temps. ;)
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Il suffit de taper palais du Reichstag sur Gogol pour trouver les photos actuelles, je crois même qu'il s'agit du Bundestag maintenant puisque le Reich a été aboli, heureusement.

a écrit : Le cas que j'ai donné est un "meurtrier" (entre guillemets car dans le cas de blessures involontaires, ce n'est pas le bon terme mais bref) car c'est le cas qui m'est arrivé le plus récent. Tout simplement.

Tout ce que j'ai dit vaut aussi pour d'autres infractions, c
omme par exemple essayer d'expliquer à une victime de violences pourquoi elle a croisé son agresseur à la boulangerie 6 mois avant sa libération prévue.

Quant aux ex taulards réintégrés, on en parle plus que les victimes laissées sur la touche, la preuve ils en font un bouquin/téléfilm à chaque fois...
Non plus sérieusement, cela ne tient pas la comparaison, la justice contemporaine crache littéralement aux visages des victimes, mais ca shhht faut pas le dire...
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Vous semblez travailler dans le droit, aussi votre raisonnement m'interloque. Trop semblent oublier que le procès pénal n'a en rien pour but de faire vengeance à la victime ou de réparer son préjudice, celui ci l'étant sur le volet civil : le procès pénal doit punir le condamné pour le tort qu'il a causé à l'ordre public et faciliter sa réadaptation. Il s'agit là bien plus que d'une affirmation de principe mais d'une distinction essentielle pour assurer un procès équitable.

Ne vous en déplaise, la victime occupe en réalité une place prépondérante dans la justice pénale contemporaine, au mépris parfois de la présomption d'innocence ou du secret de l'instruction. On bafoue des principes essentiels de notre système juridique en donnant une visée moralisatrice et basée sur l'émotion aux décisions pénales. Je n'accable pas les victimes, qui ne sont pour rien dans cette dérive, et je peux comprendre leur peine et leur colère lorsque le responsable n'est pas puni à la juste peine ; mais la victime n'a rien à faire dans un procès pénal, si ce n'est en qualité de témoin. Qu'importe la dureté apparente de mon propos, la distinction entre les tribunaux pénaux et civils n'est pas là pour rien.