La Déclaration des Droits de l'Homme fait référence à Dieu

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La Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen adoptée en 1789 après la Révolution française mentionne un Dieu. Le préambule le mentionne de manière explicite : « l’Assemblée nationale reconnaît et déclare, en présence et sous les auspices de l’Être Suprême, les droits suivants de l’homme et du citoyen». Elle a valeur constitutionnelle, et est ainsi au sommet de la hiérarchie des normes.

La laïcité comme principe constitutionnel sera officiellement définie par la Loi de séparation des Églises et de l'État de 1905.


Commentaires préférés (3)

Donc au final, si l'être suprême est reconnu dans la DDHC, la déclaration de laïcité est constitutionnel mais n'a aucune valeur puisque la déclaration droits de l'Homme la supplante ou c'est l'inverse ?

a écrit : Donc au final, si l'être suprême est reconnu dans la DDHC, la déclaration de laïcité est constitutionnel mais n'a aucune valeur puisque la déclaration droits de l'Homme la supplante ou c'est l'inverse ? Les deux ne sont pas exclusifs, bien que ça paraisse surprenant. Mentionner l'Être Suprême dans la Déclaration des droits de l'homme, c'est une façon de dire que ces droits proviendront d'un ordre plus grand que celui de ses rédacteurs. Ce qui permet d'affirmer son universalité.

Ensuite, à l'intérieur de ces droits, on découvre la liberté de religion, de laquelle découle une obligation pour l'État de ne pas oppresser les croyants. Implicitement, on attribue à l'être suprême des qualités de tolérance et d'"œcuménisme", faute d'un meilleur terme. Certains pays, comme la France, ont considéré qu'il était nécessaire pour qu'un État ne soit pas oppressif de le séparer de toute religion. D'autres au contraire assument un long héritage en continuant à financer une église en particulier, mais en restant bienveillant vis à vis des autres religions, et en garantissant leur liberté.

La mention de l'être suprême vise à sacraliser la déclaration des Droits de l'Homme. Les droits évoqués sont aussi sacrés que s'ils étaient de droit divin. Il s'agissait également de marquer la séparation avec le pouvoir monarchique qui s'était approprié la religion. Il n'y a pas du tout de rapport direct avec un dieu religieux en particulier ou une religion.

D'ailleurs, l'article 10 de la version de 1789 (maintenant article 18 de 1948) fait déjà mention d'une liberté religieuse, proche du concept de laïcité :

Article 10
Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la loi.

Je pense que l'anecdote devrait être reformulée en "mentionne le divin" plutôt que "mentionne un Dieu".


Tous les commentaires (32)

Donc au final, si l'être suprême est reconnu dans la DDHC, la déclaration de laïcité est constitutionnel mais n'a aucune valeur puisque la déclaration droits de l'Homme la supplante ou c'est l'inverse ?

a écrit : Donc au final, si l'être suprême est reconnu dans la DDHC, la déclaration de laïcité est constitutionnel mais n'a aucune valeur puisque la déclaration droits de l'Homme la supplante ou c'est l'inverse ? T'embete pas avec ça...

a écrit : Donc au final, si l'être suprême est reconnu dans la DDHC, la déclaration de laïcité est constitutionnel mais n'a aucune valeur puisque la déclaration droits de l'Homme la supplante ou c'est l'inverse ? La DDHC fait partie du bloc de constitutionnalité, c'est à dire tous les textes à valeur constitutionnelle, qui sont au sommet de la hiérarchie des normes en France. Les lois sont situées en dessous du bloc de constitutionnalité.
En revanche l'anecdote oublie de préciser que la Constitution de 1958 (celle de la Vème République donc en vigueur actuellement) dispose à son article 1er que "La France est une République indivisible, laïque". Donc le principe de laïcité a bien une valeur constitutionnelle.

a écrit : Donc au final, si l'être suprême est reconnu dans la DDHC, la déclaration de laïcité est constitutionnel mais n'a aucune valeur puisque la déclaration droits de l'Homme la supplante ou c'est l'inverse ? Les deux ne sont pas exclusifs, bien que ça paraisse surprenant. Mentionner l'Être Suprême dans la Déclaration des droits de l'homme, c'est une façon de dire que ces droits proviendront d'un ordre plus grand que celui de ses rédacteurs. Ce qui permet d'affirmer son universalité.

Ensuite, à l'intérieur de ces droits, on découvre la liberté de religion, de laquelle découle une obligation pour l'État de ne pas oppresser les croyants. Implicitement, on attribue à l'être suprême des qualités de tolérance et d'"œcuménisme", faute d'un meilleur terme. Certains pays, comme la France, ont considéré qu'il était nécessaire pour qu'un État ne soit pas oppressif de le séparer de toute religion. D'autres au contraire assument un long héritage en continuant à financer une église en particulier, mais en restant bienveillant vis à vis des autres religions, et en garantissant leur liberté.

La mention de l'être suprême vise à sacraliser la déclaration des Droits de l'Homme. Les droits évoqués sont aussi sacrés que s'ils étaient de droit divin. Il s'agissait également de marquer la séparation avec le pouvoir monarchique qui s'était approprié la religion. Il n'y a pas du tout de rapport direct avec un dieu religieux en particulier ou une religion.

D'ailleurs, l'article 10 de la version de 1789 (maintenant article 18 de 1948) fait déjà mention d'une liberté religieuse, proche du concept de laïcité :

Article 10
Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la loi.

Je pense que l'anecdote devrait être reformulée en "mentionne le divin" plutôt que "mentionne un Dieu".

a écrit : Les deux ne sont pas exclusifs, bien que ça paraisse surprenant. Mentionner l'Être Suprême dans la Déclaration des droits de l'homme, c'est une façon de dire que ces droits proviendront d'un ordre plus grand que celui de ses rédacteurs. Ce qui permet d'affirmer son universalité.

En
suite, à l'intérieur de ces droits, on découvre la liberté de religion, de laquelle découle une obligation pour l'État de ne pas oppresser les croyants. Implicitement, on attribue à l'être suprême des qualités de tolérance et d'"œcuménisme", faute d'un meilleur terme. Certains pays, comme la France, ont considéré qu'il était nécessaire pour qu'un État ne soit pas oppressif de le séparer de toute religion. D'autres au contraire assument un long héritage en continuant à financer une église en particulier, mais en restant bienveillant vis à vis des autres religions, et en garantissant leur liberté. Afficher tout
En Alsace-Moselle, l'État finance encore les lieux de cultes et salarie (avec l'argent des contribuables donc) les Ministres du culte catholiques, réformés et israélites (prêtres, pasteurs et rabbins).

L'enseignement religieux y est aussi obligatoire à l'école primaire et au collège (mais une dispense peut être demandée).

Et la loi ne peut jamais être au-dessus des textes constitutionnels ?

La DDHC d'ailleurs continue a être transmise - dans une bonne partie du monde en tout cas, et dans la conscience historique comme étant la base des droits de l'homme, alors qu'elle n'a été arrêté que pour une partie de la population. En effet, ces droits n'étaient appliqués ni aux femmes, ni aux esclaves (à l'époque Saint Domingue est la colonie la plus riche des Antilles).

Quelques années plus tard Olympes de Gouges a publié un pastiche de la DDHC qui cette fois concernait les femmes, et qui a été refusée par la Convention ...

Pour moi il reste tout de même important de mentionner cette Déclaration de la Femme et de la Citoyenne parce que c'est la première fois qu'ont été élevées des exigences valables à la fois pour l'homme et pour la femme. Une pionnière du féminisme cette Olympe !

Je trouve ça un peu maladroit de dire "après" la Révolution française, la Révolution Française ne se résume pas seulement à la prise de la Bastille. En 1789 la Révolution ne fait que commencer et n'est pas prête de se terminer.

a écrit : Et la loi ne peut jamais être au-dessus des textes constitutionnels ? Non, l'ordre hiérarchique (en simplifiant) c'est Constitution > Loi > Réglement.
Les réglements c'est tous les textes de type décrets pris par le Président, le Premier Ministre, les Ministres, mais aussi par exemple les décisions des maires.

La notion d'Etre Suprême est directement issue du concept de Grand Architecte de l'univers, propre aux theistes et à la franc-maçonnerie, à laquelle appartenait plusieurs leaders de la Révolution...

a écrit : La notion d'Etre Suprême est directement issue du concept de Grand Architecte de l'univers, propre aux theistes et à la franc-maçonnerie, à laquelle appartenait plusieurs leaders de la Révolution... Ouais bon, le grand architecte... Dieu... c'est du kif kif bourricot.

En fait c'est le patron quoi! On peut l’appeler comme on veut, personne ne l'a jamais vu donc ça craint pas, on peut continuer à boire des pétards et fumer du whisky! ^^

Pour l’anecdote... en fait je m'en fous, je voulais juste remuer la m... les bondieuseries ne m'intéressent pas, mais bon, ça met toujours l'ambiance. ;)

De toute manière en mentionnant "être suprême" sans préciser s'il s'agit d'un dieu Chrétiens, Musulman, Juif, Romain, les nouveaux ou anciens dieux de game of thrones ou l'architecte de Matrix je vois pas en quoi ça peut poser problème. Cet être suprême peut aussi être une allégorie d'une pensée, principe qui nous dépasse à tous. Une idée universellement reconnue. Un peut comme Marianne qui symbolise la république.

a écrit : Non, l'ordre hiérarchique (en simplifiant) c'est Constitution > Loi > Réglement.
Les réglements c'est tous les textes de type décrets pris par le Président, le Premier Ministre, les Ministres, mais aussi par exemple les décisions des maires.
Donc l'article 35 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1793 peut s'appliquer , pourtant le simple fait de parler de soulèvement sans précédent peut nous emmener devant la justice.. je ne comprends pas bien.

Ps: je ne veux pas rentrer dans un débat , au vu de l'actualité de ces derniers jours et de cette plainte déposer par Mr Castaner a l'encontre de Mr Drouet , je me suis demander si la DDHC passer au dessus de la loi et donc si il étais dans sa légitimité de faire cet appel.

a écrit : De toute manière en mentionnant "être suprême" sans préciser s'il s'agit d'un dieu Chrétiens, Musulman, Juif, Romain, les nouveaux ou anciens dieux de game of thrones ou l'architecte de Matrix je vois pas en quoi ça peut poser problème. Cet être suprême peut aussi être une allégorie d';une pensée, principe qui nous dépasse à tous. Une idée universellement reconnue. Un peut comme Marianne qui symbolise la république. Afficher tout Mon commentaire est un peu hors sujet et est juste là pour t'éclairer sur un petit point.
Les juifs, les chrétiens et les musulmans vénèrent et croient dans le même dieu.

Bonjour à tous !

Je viens apporter mon grain de philosophe afin de vous donner de plus amples précisions historiques concernant les valeurs portées par la révolution et notamment ce point concernant l'être suprême. Je vais essayer d'être concis.

1) La révolution française s'inscrit dans le contexte historique du siècle des Lumières. Mais ce n'est pas une révolution des Lumières : on ne recherche pas le simple renversement de la monarchie car on la considère illégitime. Les conditions qui ont menées à la révolution sont purement pratiques : le peuple ne mange pas à sa faim et a l'impression que le Roi ne remplit pas son devoir de protection envers ses sujets. On ajoute à cela un sentiment d'injustice de la classe bourgeoise qui s'estime lésée de ne pas avoir les privilèges de la noblesse. Je fais très rapide.

2) Le siècle des Lumières est très fertile dans tous les domaines, notamment celui de la philosophie politique. Depuis Machiavel, on s'efforce de penser les rapports entre politique et morale. Et souvent, on arrive à la conclusion que rien ne justifie qu'un seul homme possède la pouvoir sur tous les autres.

3) On a donc une justification rationnelle de renversement de la monarchie absolue. Les révolutionnaires trouvent leurs idéaux, leurs grands principes dans la philosophie des Lumières. Les valeurs des démocraties modernes dont la démocratie française trouvent leur source ici.

4) Ainsi, la DDHC est un condensé de grands principes moraux énoncés par divers philosophes, principalement Rousseau. En effet, une grande partie des articles sont directement inspirés du Contrat Social de Rousseau. C'est un livre qui a d'ailleurs inspiré beaucoup d'idéologies, parfois très opposées mais c'est une autre histoire.

Dans ce livre, le dernier chapitre concerne la nécessité de mettre en place une religion civile, afin que le citoyen ait foi en ses devoirs envers aitrui et la Loi.

Je cite:
"Les sujets ne doivent donc compte au Souverain de leurs opinions quʼautant que ces opinions importent à la communauté. Or, il importe bien à lʼEtat que chaque citoyen ait une religion qui lui fasse aimer ses devoirs; mais les dogmes de cette
religion nʼintéressent ni lʼEtat ni ses membres quʼautant que ces dogmes se rapportent à la
morale & aux devoirs que celui qui la professe est tenu de remplir envers autrui." (CS, L IV, CH 8)

Parmi les principes de cette religion civile, nous avons celui de trouver une puissance divine. Je cite encore :
"Les dogmes de la religion civile doivent être simples, en petit nombre, énoncés avec précision, sans explications ni commentaires. Lʼexistence de la Divinité puissante, intelligente, bienfaisante, prévoyante & pourvoyante, la vie à venir, le bonheur des justes, le châtiment des méchans, la sainteté du contrat social & des lois; voilà les dogmes positifs. Quant aux dogmes négatifs, je les borne à un seul; cʼest lʼintolérance: elle rentre dans les cultes que nous avons exclus." (Ibid.)

D'où l'origine de ce que les révolutionnaires ont nommé l'être suprême. Et cela répond aussi à vos commentaires sur le paradoxe entre l'imposition d'une religion et la tolérance envers les autres.

Voilà, c'était long mais j'espère que je serai utile aux quelques-uns qui me liront :)

a écrit : Mon commentaire est un peu hors sujet et est juste là pour t'éclairer sur un petit point.
Les juifs, les chrétiens et les musulmans vénèrent et croient dans le même dieu.
Tu les connais tous pour affirmer cela ?
Oui les religions monotheistes ont une origine commune mais affirmer cela aujourd’hui est très péremptoire qu’on soit croyant ou non. Chaque croyant a sa propre vision de la divinité même au sein de la même religion.

a écrit : Tu les connais tous pour affirmer cela ?
Oui les religions monotheistes ont une origine commune mais affirmer cela aujourd’hui est très péremptoire qu’on soit croyant ou non. Chaque croyant a sa propre vision de la divinité même au sein de la même religion.
Peut importe les individualités.
L'islam, le judaïsme et le christianisme partage le même dieu et donc les croyants vénèrent le meme dieu.

a écrit : La mention de l'être suprême vise à sacraliser la déclaration des Droits de l'Homme. Les droits évoqués sont aussi sacrés que s'ils étaient de droit divin. Il s'agissait également de marquer la séparation avec le pouvoir monarchique qui s'était approprié la religion. Il n'y a pas du tout de rapport direct avec un dieu religieux en particulier ou une religion.

D'ailleurs, l'article 10 de la version de 1789 (maintenant article 18 de 1948) fait déjà mention d'une liberté religieuse, proche du concept de laïcité :

Article 10
Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la loi.

Je pense que l'anecdote devrait être reformulée en "mentionne le divin" plutôt que "mentionne un Dieu".
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Tu serais pas un peu sophiste :) ? En présence de l’Etre Divin, c’est pas assez clair ? Ça veut pas dire bla bla-bla-bla sacraliser mon cul sur la commode. Ça veut dire en présence de l’Etre Divin. Point.

a écrit : Tu serais pas un peu sophiste :) ? En présence de l’Etre Divin, c’est pas assez clair ? Ça veut pas dire bla bla-bla-bla sacraliser mon cul sur la commode. Ça veut dire en présence de l’Etre Divin. Point. Lis le reste des commentaires.