Les rennes de l'Arctique sont les seuls mammifères connus dont le fond de l’œil change de couleur au fil des saisons. Leur fond d'œil passe du doré en été au bleu profond en hiver. Cette adaptation anatomique unique leur permet de voir dans l'obscurité continue de la nuit polaire.
En hiver, la dilatation pupillaire constante augmente la pression intraoculaire. Cela comprime le collagène du tapetum lucidum (le miroir rétinien). L'espacement réduit des fibres modifie la lumière réfléchie : le fond d'œil devient bleu, doublant la sensibilité visuelle nocturne.

Commentaires préférés (3)
Oui c'est perturbant. Le bleu n'est pas un simple effet cosmétique, il est à la fois un effet secondaire de la dilatation ET un avantage supplémentaire qui amplifie la vision.
La nature a "récupéré" un effet mécanique inévitable (proche du glaucome d'ailleurs) pour en faire un bénéfice visuel:
- La dilatation est l'adaptation primaire (laisser entrer plus de lumière)
- Le bleu est un sous-produit mécanique de cette dilatation (compression du collagène)
- Mais ce bleu s'avère en plus bien utile: il correspond précisément au spectre de la lumière du crépuscule arctique (dominante bleue, due à l'ozone je crois), ce qui optimise la sensibilité.
Ammusant:
La recherche a mis en évidence un troisième état: des rennes vivant près de Tromsø, exposés à la lumière urbaine hivernale, développent un fond de l'oeil vert, intermédiaire entre le doré et le bleu.
Il me semble, tout comme vous, que votre phrase " dilater ses pupilles en permanence influe sur la perception de la couleur de son oeil" est plus explicite.
Contrairement à plusieurs animaux de l'Arctique ou vivant en montagne, il n'y a donc pas de véritable changement de couleur de pelage (lièvre arctique, par exemple) ou de plumage (le lagopède, par exemple), afin de mieux se confondre dans le paysage, mais une modification physique saisonnière de l'œil du renne, réfléchissant en conséquence principalement la lumière bleue du crépuscule hivernal.
La lumière bleutée de l'hiver Arctique, est la conséquence que le soleil ne se lève pas ou est très bas dans l'horizon. Or, l'ozone composant l'atmosphère, filtre la lumière orange émise par le soleil, n'arrivant donc pas (ou peu) jusqu'à l'œil du renne. Ceci conduit donc à ce que l'œil du renne ne réfléchit pas la couleur orange, mais uniquement le bleu.
En hiver, cette modification n'a aucune fonction esthétique, mais entièrement fonctionnelle: les lichens sont des plantes absorbant les UV (ultraviolets). Ils seront donc perçus par le renne, de couleur plus foncée, dénotant du blanc de la neige. Il en sera de même pour les loups et ours prédateurs (dont les pelages absorbent également les UV), plus sombres dans le paysage.
Un lien consulté apporte également la précision comme quoi le principe développé par les rennes pour l'hiver, est le même que celui des chats évoluant la nuit. Le tapetum lucidum (partie postérieure de l'oeil) du chat , est de couleur jaune dorée. En illuminant un chat dans la nuit, le fond de ses yeux reflètent donc fortement cette couleur... révélant leur présence.
L'effet Rayleigh, c'est ce qui permet de voir du bleu là où il n'y a pas de peinture ou de pigment bleu. Pour l'œil humain, c'est un phénomène de diffusion de la lumière.
Voici comment ça marche très simplement :
1. La lumière "rebondit"
La lumière du soleil contient toutes les couleurs. Quand elle entre dans un œil qui a très peu de mélanine (le pigment brun), elle frappe de toutes petites structures dans l'iris.
2. Le tri des couleurs
Ces petites structures agissent comme un filtre :
Les couleurs comme le rouge ou le jaune passent à travers ou sont absorbées.
La couleur bleue, parce qu'elle voyage en ondes plus courtes, "rebondit" sur ces structures et repart vers l'extérieur.
3. Le résultat visuel
Ce que nous voyons quand nous regardons une personne aux yeux bleus, ce n'est pas un pigment, c'est cette lumière bleue qui a rebondi et qui revient vers nous.
Comme la couleur de la mer qui est bleu ou vert suivant le reflet du fond
Tous les commentaires (9)
Le complément d'anecdote me semble "contredire" le texte initial.
Si j'ai bien compris : dilater ses pupilles en permanence influe sur la perception de la couleur de son œil
Or à la première lecture on pourrait penser que parce que l'œil devient bleu, il peut voir dans la longue nuit de l'hiver arctique.
Je suis le seul à être "perturbé" ?
Oui c'est perturbant. Le bleu n'est pas un simple effet cosmétique, il est à la fois un effet secondaire de la dilatation ET un avantage supplémentaire qui amplifie la vision.
La nature a "récupéré" un effet mécanique inévitable (proche du glaucome d'ailleurs) pour en faire un bénéfice visuel:
- La dilatation est l'adaptation primaire (laisser entrer plus de lumière)
- Le bleu est un sous-produit mécanique de cette dilatation (compression du collagène)
- Mais ce bleu s'avère en plus bien utile: il correspond précisément au spectre de la lumière du crépuscule arctique (dominante bleue, due à l'ozone je crois), ce qui optimise la sensibilité.
Ammusant:
La recherche a mis en évidence un troisième état: des rennes vivant près de Tromsø, exposés à la lumière urbaine hivernale, développent un fond de l'oeil vert, intermédiaire entre le doré et le bleu.
Il me semble, tout comme vous, que votre phrase " dilater ses pupilles en permanence influe sur la perception de la couleur de son oeil" est plus explicite.
Contrairement à plusieurs animaux de l'Arctique ou vivant en montagne, il n'y a donc pas de véritable changement de couleur de pelage (lièvre arctique, par exemple) ou de plumage (le lagopède, par exemple), afin de mieux se confondre dans le paysage, mais une modification physique saisonnière de l'œil du renne, réfléchissant en conséquence principalement la lumière bleue du crépuscule hivernal.
La lumière bleutée de l'hiver Arctique, est la conséquence que le soleil ne se lève pas ou est très bas dans l'horizon. Or, l'ozone composant l'atmosphère, filtre la lumière orange émise par le soleil, n'arrivant donc pas (ou peu) jusqu'à l'œil du renne. Ceci conduit donc à ce que l'œil du renne ne réfléchit pas la couleur orange, mais uniquement le bleu.
En hiver, cette modification n'a aucune fonction esthétique, mais entièrement fonctionnelle: les lichens sont des plantes absorbant les UV (ultraviolets). Ils seront donc perçus par le renne, de couleur plus foncée, dénotant du blanc de la neige. Il en sera de même pour les loups et ours prédateurs (dont les pelages absorbent également les UV), plus sombres dans le paysage.
Un lien consulté apporte également la précision comme quoi le principe développé par les rennes pour l'hiver, est le même que celui des chats évoluant la nuit. Le tapetum lucidum (partie postérieure de l'oeil) du chat , est de couleur jaune dorée. En illuminant un chat dans la nuit, le fond de ses yeux reflètent donc fortement cette couleur... révélant leur présence.
Est ce le même phénomène chez certains enfants ?
Ma fille a les yeux verts en été au soleil et plutôt beige/marron en hiver.
Ca m'intrigue cette question! J'ai les yeux marrons/vert en relge générale et plus gris/bleu au soleil.
L'effet Rayleigh, c'est ce qui permet de voir du bleu là où il n'y a pas de peinture ou de pigment bleu. Pour l'œil humain, c'est un phénomène de diffusion de la lumière.
Voici comment ça marche très simplement :
1. La lumière "rebondit"
La lumière du soleil contient toutes les couleurs. Quand elle entre dans un œil qui a très peu de mélanine (le pigment brun), elle frappe de toutes petites structures dans l'iris.
2. Le tri des couleurs
Ces petites structures agissent comme un filtre :
Les couleurs comme le rouge ou le jaune passent à travers ou sont absorbées.
La couleur bleue, parce qu'elle voyage en ondes plus courtes, "rebondit" sur ces structures et repart vers l'extérieur.
3. Le résultat visuel
Ce que nous voyons quand nous regardons une personne aux yeux bleus, ce n'est pas un pigment, c'est cette lumière bleue qui a rebondi et qui revient vers nous.
Comme la couleur de la mer qui est bleu ou vert suivant le reflet du fond
C'est la même fille ?
La seule "explication" que j'ai trouvé (sur le Net en Espagnol), est la suivante: l'augmentation de la concentration de mélanine dans l'iris en été, à la fonction de protéger l'œil contre les abondants UV. Ceci conduit à un (léger) éclaircissement de la couleur de l'iris.
Faisant du tourisme en Guyane, nous nous sommes baladés de nuit en barque sur le marais de Kaw et on a pu détecter des caïmans avec une lampe torche qui faisait briller les yeux au raz de l’eau.
C’est ainsi que notre guide en a attrapé un d’environ 1 m de long.