Avant de se démocratiser, le tatouage était une pratique rare en Europe, notamment parce qu’il était souvent réalisé lors de voyages lointains et coûteux. Il devint ainsi un symbole d’exotisme et de richesse, et connut un véritable engouement dans l’aristocratie européenne durant l’ère victorienne : le roi George V et le tsar Nicolas II de Russie se firent tous deux tatouer au Japon, par exemple.

Commentaires préférés (3)
Le premier européen à avoir ramené un tatouage en Europe semble être James Cook (et son équipage) fin 18e suite à un séjour à Tahiti. Le mot "tatouage" vient d'ailleurs du mot polynésien "tatau".
Ce qui est marrant, c'est que cette pratique va concerner avant tout les milieux prolétaires, les marginaux et les délinquants. Des tatoués sont même présentés comme bêtes de foire... avant que le tatouage soit "récupéré" par les aristocrates quelques décennies plus tard.
Mais le tatouage était connu depuis bien longtemps en Europe puisque le premier cas avéré serait Otzi, découvert dans les Alpes et qui aurait vécu il y a plus de 5300 ans.
Plus récemment, le tatouage était encore utilisé aux premiers siècles, mais souvent à connotation péjorative en Occident (marquage des esclaves, criminels ou prostituées notamment). Proscrit par les 3 grandes religions, il disparait pendant près de 1000 ans de nos sociétés.
Au contraire, dans d'autres régions du monde (Polynésie, Asie, Afrique...), le tatouage est à valeur positive : marquage de roi, cérémonie d'intronisation, ornement... ce qui va contribuer à le maintenir actif... avant qu'il soit "redécouvert" lors des grandes découvertes.
NB : Ce commentaire se veut un très bref historique du tatouage et comporte donc des raccourcis.
En France, le tatouage est resté cantonné aux bas-fonds (prison/bagne en premier lieu, prostitution, jeunesse désœuvrée) jusque dans les années 1960 avant de (très) progressivement s'installer dans la société, avec une accélération à partir des années 1990.
Il faut attendre les années 2000 pour que la pratique soit banalisée et que le tatouage s'affiche de plus en plus.
Aujourd'hui, environ 20% de la population française est tatouée.
A noter qu'une tendance est apparue il y a quelques années sur les réseaux, à savoir le "détatouage" (il existe peut-être un meilleur nom que je ne connais pas).
A voir si cette tendance s'inscrit dans la durée, avec un retour généralisé à la naturalité... ou si cela restera une tendance marginale.
Quand j’étais petit dans les années 60, ma mère m’a emmené chez notre dentiste qui s’appelait le docteur Richemont. J’ai aperçu un numéro sur son avant-bras et je lui ai demandé ce que c’était. Ma mère était gênée Par ma question, mais le Dentiste m’a expliqué en souriant ce dont il s’agissait. Son vrai nom était le docteur Reichmann, mais il l’avait changé en revenant des camps. 
Tous les commentaires (10)
Il y a de ca une 20aine d années, il etait meme plutot mal vu ( en France en tout cas ).
Un lieu ou le tatouage se pratiquait etait la prison.
On a vu mieux comme image renvoyée...
Le premier européen à avoir ramené un tatouage en Europe semble être James Cook (et son équipage) fin 18e suite à un séjour à Tahiti. Le mot "tatouage" vient d'ailleurs du mot polynésien "tatau".
Ce qui est marrant, c'est que cette pratique va concerner avant tout les milieux prolétaires, les marginaux et les délinquants. Des tatoués sont même présentés comme bêtes de foire... avant que le tatouage soit "récupéré" par les aristocrates quelques décennies plus tard.
Mais le tatouage était connu depuis bien longtemps en Europe puisque le premier cas avéré serait Otzi, découvert dans les Alpes et qui aurait vécu il y a plus de 5300 ans.
Plus récemment, le tatouage était encore utilisé aux premiers siècles, mais souvent à connotation péjorative en Occident (marquage des esclaves, criminels ou prostituées notamment). Proscrit par les 3 grandes religions, il disparait pendant près de 1000 ans de nos sociétés.
Au contraire, dans d'autres régions du monde (Polynésie, Asie, Afrique...), le tatouage est à valeur positive : marquage de roi, cérémonie d'intronisation, ornement... ce qui va contribuer à le maintenir actif... avant qu'il soit "redécouvert" lors des grandes découvertes.
NB : Ce commentaire se veut un très bref historique du tatouage et comporte donc des raccourcis.
En France, le tatouage est resté cantonné aux bas-fonds (prison/bagne en premier lieu, prostitution, jeunesse désœuvrée) jusque dans les années 1960 avant de (très) progressivement s'installer dans la société, avec une accélération à partir des années 1990.
Il faut attendre les années 2000 pour que la pratique soit banalisée et que le tatouage s'affiche de plus en plus.
Aujourd'hui, environ 20% de la population française est tatouée.
A noter qu'une tendance est apparue il y a quelques années sur les réseaux, à savoir le "détatouage" (il existe peut-être un meilleur nom que je ne connais pas).
A voir si cette tendance s'inscrit dans la durée, avec un retour généralisé à la naturalité... ou si cela restera une tendance marginale.
James Cook c’est une légende, mais pour son équipage c’est tout à fait juste.
(rien à voir mais ils ont aussi été les premiers européens à témoigner de la pratique du surf, en passant).
Par Cook, je voulais dire "l'expédition de James Cook" (et son équipage car c'est réducteur de ne mentionner que le capitaine), sans vraiment savoir qui s'est fait tatouer ou pas. Tu as raison de le préciser, Cook n'a fait que décrire la pratique et les tatouages mais ne semble pas avoir succombé à se faire tatouer.
Pour être honnête, je ne suis même pas sûr que ses hommes se sont fait tatouer (et si oui, quand puisqu'il a fait plusieurs séjours en Polynésie). Le "support de tatouage" dont je suis sûr est un chef tahitien qu'il a ramené en Angleterre lors de son premier séjour.
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Et sinon, merci pour le complément sur le surf. On s'éloigne petit à petit de la monarchie anglaise, mais c'est la richesse des commentaires
Pour raviver ma mémoire, j'ai lu différents articles qui semblent nuancer un peu l'histoire officielle, à savoir la disparition occidentale du tatouage pendant 1000 ans.
(mea culpa d'avoir véhiculé cette approximation)
Il semblerait que la pratique ait perduré, même si elle était plus marginalisée, et donc plus discrète.
Voici un lien très intéressant qui précise des choses sur l'histoire de Cook, mais également sur le devenir du tatouage jusqu'à notre époque moderne.
histfemtat.hypotheses.org/276#_ftn2
Le premier tatouage que j’ai vu ou, du moins, dont je me souviens, est celui du matricule sur son bras que m’a montré un ouvrier rescapé de la Shoah.
C’était au début des années 1950, je n’ai pas tout compris mais cela m’a marqué.
Il me semble que Auschwitz fut le seul camp où l'on tatouait ceux qui y passaient.
Simone Veil portait ce numéro de matricule sur l'avant bras gauche et sur son épée d'académicienne, accompagné de la devise de l'Europe: "Unis dans la diversité", d'une carapace de tortue symbole de longévité, et de deux mains enlacées évoquant la réconciliation entre les peuples (dont l'une marquée par les flammes des fours crématoires).
Enfin tout ça c'était sur l'épée, pas sur son avant bras. C'etait pas une punk quand même !
Vérification faite, effectivement Auschwitz était le seul camp où on tatouait leur numéro sur l’avant-bras bras gauche des déportés, du moins ceux qui n’allaient pas directement dans les chambres à gaz.
L’homme était donc un rescapé d’Auschwitz.
J’ai visité ce camp en 1987 avec un proche dont les parents ont disparu dans la tourmente. Ça se fait relativement vite et en silence après une présentation du guide : nulle envie de s’y attarder.
Quand j’étais petit dans les années 60, ma mère m’a emmené chez notre dentiste qui s’appelait le docteur Richemont. J’ai aperçu un numéro sur son avant-bras et je lui ai demandé ce que c’était. Ma mère était gênée Par ma question, mais le Dentiste m’a expliqué en souriant ce dont il s’agissait. Son vrai nom était le docteur Reichmann, mais il l’avait changé en revenant des camps.