L'introduction du papillon du cactus (Cactoblastis cactorum) en Australie est l'un des plus grands succès de la lutte biologique. L'espèce fut introduite en 1926 pour lutter contre la prolifération des figuiers de Barbarie. En 1933, les populations de cactus envahissants avaient chuté de 60 à 80%. Aujourd'hui, il pose problème, car l'expérience a été tentée dans d'autres pays où il ravage d'autres cactus.

Commentaires préférés (3)
" Et si pour lutter contre une plante invasive, on introduisait un insecte invasif sans prédateur ? Ça ne peut être qu'une bonne idée "
Pour le coup, ça l'a été mais c'est sûrement l'exception qui confirme la règle. Sinon on aurait pas eu d'anecdote.
Je viens de sortir d'une invasion de mites dans ma cuisine. Quand j'ai vu à quoi ressemblait le papillon, le traumatisme est remonté à la surface :D
Au plus fort de l'expansion des espèces envahissantes de figuier de barbarie en Australie (1926), ce n'était pas moins de 24 millions d'hectares de terre cultivables et de paturages qui avaient perdu partie ou totalité de leur utilité. (*)
Quand bien même des méthodes de lutte chimique et mécanique (arrachage, broyage...) avaient été développées afin de tenter freiner cette expansion, le coût économique devenait encore plus elevé que la valeur des biens agricoles pouvant y être produits. Une nouvelle approche du problème se fit indispensable.
Pour arriver à un tel succès de lutte biologique, des entomologues Australiens se sont rendu depuis le Sud des États-Unis jusqu'à l'Argentine au début des années 20 du siècle dernier, à observer, étudier et découvrir -de nombreuses espèces étaient alors inconnues de la Science- plus de 150 espèces d'insectes cactophages. Une cinquantaine semblant montrer un intérêt furent exportées en Australie, 19 furent retenues et introduites en milieu naturel...
Et c'est la pyrale du cactus (un papillon classé comme mite), non pas originaire du lieu endémique oû poussent les figuiers de barbarie (Mexique)... mais d'Argentine, qui s'avéra la plus efficace pour la lutte biologique.
Élevée en masse, une "armée" de pyrales du cactus fut mise à contribution, produisant la somme incroyable de 2,7 milliards d'oeufs entre 1925 et 1933. En quelques années, très grande partie des figuiers de barbarie furent décimés... mais arrivaient encore à émettre des rejets depuis son système racinaire. La lutte continua, donnant majoritairement raison aux pyrales du cactus en 1933.
Fort du succès Australien, bien d'autres lieux du Monde se sont intéressés aux méthodes employées: Sud du Continent Africain, pourtour Méditerranéen, Ile de la Réunion, Ile Maurice, etc... et des Iles des Caraïbes.
Sauf que... la pyrale du cactus a accidentellement réussi à entrer en Amérique du Nord (Mexique et États-Unis), oû actuellement elle menace les plantations de figuiers de barbarie. Tout un traumatisme pour la Cuisine Mexicaine, oû le nopal (partie verte des "raquettes" du figuier de barbarie) est un légume-phare de sa Gastronomie.
Pour l'instant, grace à la technique d'irradiation (par rayon gamma et rayons X) de populations males de pyrale du cactus élevées puis relachés dans l'Environnement, ces deux Nations arrivent à contenir la progression de cette mite, voire de la faire rétrocéder.
(Les deux derniers paragraphes sont l'explication de la dernière phrase de l'anecdote).
(*) cette surface (24 millions d'hectares) correspond à 40% du territoire Français, ou 80% des Surfaces Agricoles Utiles servant à produire notre alimentation.
À ma connaissance, l'Australie n'a réussi à erradiquer complètement aucune espèce animale ou végétale exogène introduite sur ses terres.
Pas même son Programme d'éradication à grande échelle du buffle d'eau (buffle domestique d'Asie introduit et redevenu sauvage en 1849) au Nord de l'Australie, durant la décennie 1980-90 n'a été un succès.
Actuellement, l'approche est distincte: abattage sélectif de spécimens durant des safaris, et exploitation commerciale de la viande et du cuir obtenus.
Malgré votre affirmation comme quoi la pyrale du cactus serait responsable de la destruction massive des plantations de figuiers de barbarie au Maroc, elle est incorrecte.
L'insecte ravageur de ces plantations est la cochenille sauvage, arrivée en 2015.
L'INRA a développé et cloné des variétés de figuiers de barbarie résistantes à cet insecte sauvage. En parallèle, des espèces de coccinelles dévoreuses de cette cochenille ont été dispersées, afin d'augmenter la lutte biologique.
Actuellement, des plantations massives de figuiers de barbarie résistantes à la cochenille sauvage ont lieu. À terme (2030), les 122 000 hectares de plantation infectées, devraient être reconstituées.
Tous les commentaires (7)
" Et si pour lutter contre une plante invasive, on introduisait un insecte invasif sans prédateur ? Ça ne peut être qu'une bonne idée "
Pour le coup, ça l'a été mais c'est sûrement l'exception qui confirme la règle. Sinon on aurait pas eu d'anecdote.
Je viens de sortir d'une invasion de mites dans ma cuisine. Quand j'ai vu à quoi ressemblait le papillon, le traumatisme est remonté à la surface :D
Une anecdote nous expliquait il y a peu que tous les cactus à l'exception de rhipsalis baccifera étaient originaires du continent américain mais que même rhipsalis baccifera était d'origine américaine mais disséminé en Afrique par des oiseaux il y a plusieurs millions d'années.
Sachant celà, il est difficile de considérer ce papillon comme une hérésie destructrice des cactus en dehors du continent américain
Comme chaque espèce qu’on introduit dans un environnement où Darwin ( je sais pas ce qu’il a dit) mais la sélection a été très rapide.
Ça me rend dingue ce genre d'anecdotes car au Maroc tout les figuier de barbarie sont mort a cause de ça et a tué une économie qui tourné autour de son fruit.
Hier quand tu payais 20cts le fruit aujourd'hui il coûte 2€ pièces
L'anecdote n'y est pour rien.
Au plus fort de l'expansion des espèces envahissantes de figuier de barbarie en Australie (1926), ce n'était pas moins de 24 millions d'hectares de terre cultivables et de paturages qui avaient perdu partie ou totalité de leur utilité. (*)
Quand bien même des méthodes de lutte chimique et mécanique (arrachage, broyage...) avaient été développées afin de tenter freiner cette expansion, le coût économique devenait encore plus elevé que la valeur des biens agricoles pouvant y être produits. Une nouvelle approche du problème se fit indispensable.
Pour arriver à un tel succès de lutte biologique, des entomologues Australiens se sont rendu depuis le Sud des États-Unis jusqu'à l'Argentine au début des années 20 du siècle dernier, à observer, étudier et découvrir -de nombreuses espèces étaient alors inconnues de la Science- plus de 150 espèces d'insectes cactophages. Une cinquantaine semblant montrer un intérêt furent exportées en Australie, 19 furent retenues et introduites en milieu naturel...
Et c'est la pyrale du cactus (un papillon classé comme mite), non pas originaire du lieu endémique oû poussent les figuiers de barbarie (Mexique)... mais d'Argentine, qui s'avéra la plus efficace pour la lutte biologique.
Élevée en masse, une "armée" de pyrales du cactus fut mise à contribution, produisant la somme incroyable de 2,7 milliards d'oeufs entre 1925 et 1933. En quelques années, très grande partie des figuiers de barbarie furent décimés... mais arrivaient encore à émettre des rejets depuis son système racinaire. La lutte continua, donnant majoritairement raison aux pyrales du cactus en 1933.
Fort du succès Australien, bien d'autres lieux du Monde se sont intéressés aux méthodes employées: Sud du Continent Africain, pourtour Méditerranéen, Ile de la Réunion, Ile Maurice, etc... et des Iles des Caraïbes.
Sauf que... la pyrale du cactus a accidentellement réussi à entrer en Amérique du Nord (Mexique et États-Unis), oû actuellement elle menace les plantations de figuiers de barbarie. Tout un traumatisme pour la Cuisine Mexicaine, oû le nopal (partie verte des "raquettes" du figuier de barbarie) est un légume-phare de sa Gastronomie.
Pour l'instant, grace à la technique d'irradiation (par rayon gamma et rayons X) de populations males de pyrale du cactus élevées puis relachés dans l'Environnement, ces deux Nations arrivent à contenir la progression de cette mite, voire de la faire rétrocéder.
(Les deux derniers paragraphes sont l'explication de la dernière phrase de l'anecdote).
(*) cette surface (24 millions d'hectares) correspond à 40% du territoire Français, ou 80% des Surfaces Agricoles Utiles servant à produire notre alimentation.
À ma connaissance, l'Australie n'a réussi à erradiquer complètement aucune espèce animale ou végétale exogène introduite sur ses terres.
Pas même son Programme d'éradication à grande échelle du buffle d'eau (buffle domestique d'Asie introduit et redevenu sauvage en 1849) au Nord de l'Australie, durant la décennie 1980-90 n'a été un succès.
Actuellement, l'approche est distincte: abattage sélectif de spécimens durant des safaris, et exploitation commerciale de la viande et du cuir obtenus.
Malgré votre affirmation comme quoi la pyrale du cactus serait responsable de la destruction massive des plantations de figuiers de barbarie au Maroc, elle est incorrecte.
L'insecte ravageur de ces plantations est la cochenille sauvage, arrivée en 2015.
L'INRA a développé et cloné des variétés de figuiers de barbarie résistantes à cet insecte sauvage. En parallèle, des espèces de coccinelles dévoreuses de cette cochenille ont été dispersées, afin d'augmenter la lutte biologique.
Actuellement, des plantations massives de figuiers de barbarie résistantes à la cochenille sauvage ont lieu. À terme (2030), les 122 000 hectares de plantation infectées, devraient être reconstituées.