Les villas construites en caisses de bois d'alcool de contrebande

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La "villa Cutty Sark" à Saint-Pierre-et-Miquelon est construite à partir de caisses de bois issues de la contrebande d'alcool. Durant la Prohibition, les bouteilles étaient reconditionnées dans des sacs de jute, afin d'étouffer les bruits durant leur transport, et les caisses, délaissées, furent recyclées comme matériau de construction pour différentes villas.

À partir de 1923-24 et jusqu'à 1933, Saint-Pierre-et-Miquelon devient une plaque tournante importante du trafic maritime d'alcool vers les États-Unis, pourtant distant d'un millier de kilomètres. Tant est-il que l'endroit prendra le surnom "d'ile du champagne". Les 300 000 caisses de bois délaissées chaque année deviennent un matériau utilisé tout autant comme bois de chauffage comme de construction.


Commentaires préférés (3)

Si je comprends bien, grâce au Volstead Act, la loi américaine interdisant la production, la distribution et la vente d'alcool aux États-Unis, la petite île de St Pierre et Miquelon n'a jamais été aussi riche et prospère pendant la prohibition, jusqu'en 1933.
Quelle ironie du sort, le dicton le malheur des uns fait le bonheur des autres s'applique très bien à cette anecdote.
Avec la prohibition, c'est l'île toute entière qui a prospérée et profitée des dollars des contrebandiers, transformant les entrepôts de poissons en caves à alcool, avant de sombrer dans la crise avec l'abolition de cette loi, obligeant ses habitants à reprendre finalement le chemin de la pêche.
Anecdote intéressante, merci, JMCMB

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De même que la différence de taxes profite à Andorre et si les taxes venaient à baisser en France et en Espagne, les (grands et nombreux) magasins d'alcool du Pas-de-la-Case n'auraient plus qu'à fermer boutique.

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Les bouteilles étaient effectivement transférées des caisses vers des sacs de toile de jute, mais c'était surtout pour une raison de sécurité. Quand les bateaux (les "rhum-runners") partaient de Saint Pierre, ils risquaient des contrôles une fois hors des eaux territoriales françaises. Et autant côté français ils ne faisaient rien d'illégal, autant côté américain c'était interdit. Du coup ils étaient toujours prêts à larguer les bouteilles dans l'eau, et les sacs de toile coulaient, contrairement aux caisses de bois ! Aujourd'hui vous pouvez plonger au large de l'île et aller récupérer des bouteilles par centaines sur les fonds marins.


Tous les commentaires (10)

Si je comprends bien, grâce au Volstead Act, la loi américaine interdisant la production, la distribution et la vente d'alcool aux États-Unis, la petite île de St Pierre et Miquelon n'a jamais été aussi riche et prospère pendant la prohibition, jusqu'en 1933.
Quelle ironie du sort, le dicton le malheur des uns fait le bonheur des autres s'applique très bien à cette anecdote.
Avec la prohibition, c'est l'île toute entière qui a prospérée et profitée des dollars des contrebandiers, transformant les entrepôts de poissons en caves à alcool, avant de sombrer dans la crise avec l'abolition de cette loi, obligeant ses habitants à reprendre finalement le chemin de la pêche.
Anecdote intéressante, merci, JMCMB

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De même que la différence de taxes profite à Andorre et si les taxes venaient à baisser en France et en Espagne, les (grands et nombreux) magasins d'alcool du Pas-de-la-Case n'auraient plus qu'à fermer boutique.

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Les bouteilles étaient effectivement transférées des caisses vers des sacs de toile de jute, mais c'était surtout pour une raison de sécurité. Quand les bateaux (les "rhum-runners") partaient de Saint Pierre, ils risquaient des contrôles une fois hors des eaux territoriales françaises. Et autant côté français ils ne faisaient rien d'illégal, autant côté américain c'était interdit. Du coup ils étaient toujours prêts à larguer les bouteilles dans l'eau, et les sacs de toile coulaient, contrairement aux caisses de bois ! Aujourd'hui vous pouvez plonger au large de l'île et aller récupérer des bouteilles par centaines sur les fonds marins.

a écrit : Les bouteilles étaient effectivement transférées des caisses vers des sacs de toile de jute, mais c'était surtout pour une raison de sécurité. Quand les bateaux (les "rhum-runners") partaient de Saint Pierre, ils risquaient des contrôles une fois hors des eaux territoriales françaises. Et autant côté français ils ne faisaient rien d'illégal, autant côté américain c'était interdit. Du coup ils étaient toujours prêts à larguer les bouteilles dans l'eau, et les sacs de toile coulaient, contrairement aux caisses de bois ! Aujourd'hui vous pouvez plonger au large de l'île et aller récupérer des bouteilles par centaines sur les fonds marins. Afficher tout Elle doivent valoir une fortune, ces bouteilles, délicatement vieillies dans de l'eau à presque 0°... Imaginez, un whisky de 90 ans d'âge...

a écrit : Elle doivent valoir une fortune, ces bouteilles, délicatement vieillies dans de l'eau à presque 0°... Imaginez, un whisky de 90 ans d'âge... On arrête de compter les années quand on met le whisky en bouteille car il ne vieillit plus. L'âge c'est la durée de vieillissement en fut. Donc si c'était du 12 ans d'âge quand la bouteille a coulé, c'est toujours du 12 ans d'âge. C'est le vin qui continue à évoluer dans la bouteille (se bonifier si c'est dans de bonnes conditions et pas pendant trop longtemps, sinon il peut aussi se dégrader).

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a écrit : On arrête de compter les années quand on met le whisky en bouteille car il ne vieillit plus. L'âge c'est la durée de vieillissement en fut. Donc si c'était du 12 ans d'âge quand la bouteille a coulé, c'est toujours du 12 ans d'âge. C'est le vin qui continue à évoluer dans la bouteille (se bonifier si c'est dans de bonnes conditions et pas pendant trop longtemps, sinon il peut aussi se dégrader). Afficher tout www.lemonde.fr/argent/article/2015/04/21/un-champagne-intact-apres-avoir-passe-170-ans-sous-la-mer_4619658_1657007.html

Bonne nuit.

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a écrit : Elle doivent valoir une fortune, ces bouteilles, délicatement vieillies dans de l'eau à presque 0°... Imaginez, un whisky de 90 ans d'âge... De celles que j'ai pu voir remonter elles sont en très mauvais état, perso je ne m'y risquerai pas

a écrit : De même que la différence de taxes profite à Andorre et si les taxes venaient à baisser en France et en Espagne, les (grands et nombreux) magasins d'alcool du Pas-de-la-Case n'auraient plus qu'à fermer boutique. Ils ont encore un bel espoir de survivre