Des bagnes pour les enfants

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Au XXe siècle, des bagnes pour enfants comme à Belle-Île-en-Mer existaient, censés les rééduquer lorsqu'ils commettaient des délits mineurs. La discipline et les mauvais traitements déclenchèrent une révolte en 1934 suivie d'une traque aux enfants évadés. Jacques Prévert la dénonça dans un de ses poèmes.


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Chasse à l'enfant de Jacques Prévert :

"Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
Au-dessus de l’île on voit des oiseaux
Tout autour de l’île il y a de l’eau

Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
Qu’est-ce que c’est que ces hurlements

Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
C’est la meute des honnêtes gens
Qui fait la chasse à l’enfant

Il avait dit J’en ai assez de la maison de redressement
Et les gardiens à coups de clefs lui avaient brisé les dents
Et puis ils l’avaient laissé étendu sur le ciment

Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
Maintenant il s’est sauvé
Et comme une bête traquée
Il galope dans la nuit
Et tous galopent après lui
Les gendarmes les touristes les rentiers les artistes

Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
C’est la meute des honnêtes gens
Qui fait la chasse à l’enfant

Pour chasser l’enfant pas besoin de permis
Tous les braves gens s’y sont mis
Qu’est-ce qui nage dans la nuit
Quels sont ces éclairs ces bruits
C’est un enfant qui s’enfuit
On tire sur lui à coups de fusil

Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
Tous ces messieurs sur le rivage
Sont bredouilles et verts de rage

Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
Rejoindras-tu le continent rejoindras-tu le continent !

Au-dessus de l’île on voit des oiseaux
Tout autour de l’île il y a de l’eau."

Merci pour le poème.
Impossible en lisant ça de ne pas penser aux paroles du génial personnage de Lacenaire (le célèbre criminel du début du 20e siècle), dans "Les enfants du paradis", que fait parler Prévert: "Quand j'étais enfant, j'étais déjà plus lucide, plus intelligent que les autres. Ils ne me l'ont pas pardonné. Ils voulaient que je sois comme eux, que je dise comme eux. « Levez la tête, Pierre-François. Regardez-moi. Baissez les yeux. » Et ils m'ont meublé l'esprit de force, avec des livres, de vieux livres. Tant de poussière dans une tête d'enfant ! Belle jeunesse, vraiment ! Et mon directeur de conscience qui me répétait sans cesse : « Vous êtes trop fier, Pierre-François, il faut rentrer en vous-même. » Alors je suis rentré en moi-même. Je n'ai jamais pu en sortir. Les imprudents ! Me laisser tout seul avec moi-même, et dire qu'ils me défendaient les mauvaises fréquentations ! Quelle inconséquence !"


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Chasse à l'enfant de Jacques Prévert :

"Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
Au-dessus de l’île on voit des oiseaux
Tout autour de l’île il y a de l’eau

Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
Qu’est-ce que c’est que ces hurlements

Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
C’est la meute des honnêtes gens
Qui fait la chasse à l’enfant

Il avait dit J’en ai assez de la maison de redressement
Et les gardiens à coups de clefs lui avaient brisé les dents
Et puis ils l’avaient laissé étendu sur le ciment

Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
Maintenant il s’est sauvé
Et comme une bête traquée
Il galope dans la nuit
Et tous galopent après lui
Les gendarmes les touristes les rentiers les artistes

Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
C’est la meute des honnêtes gens
Qui fait la chasse à l’enfant

Pour chasser l’enfant pas besoin de permis
Tous les braves gens s’y sont mis
Qu’est-ce qui nage dans la nuit
Quels sont ces éclairs ces bruits
C’est un enfant qui s’enfuit
On tire sur lui à coups de fusil

Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
Tous ces messieurs sur le rivage
Sont bredouilles et verts de rage

Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
Rejoindras-tu le continent rejoindras-tu le continent !

Au-dessus de l’île on voit des oiseaux
Tout autour de l’île il y a de l’eau."

Merci pour le poème.
Impossible en lisant ça de ne pas penser aux paroles du génial personnage de Lacenaire (le célèbre criminel du début du 20e siècle), dans "Les enfants du paradis", que fait parler Prévert: "Quand j'étais enfant, j'étais déjà plus lucide, plus intelligent que les autres. Ils ne me l'ont pas pardonné. Ils voulaient que je sois comme eux, que je dise comme eux. « Levez la tête, Pierre-François. Regardez-moi. Baissez les yeux. » Et ils m'ont meublé l'esprit de force, avec des livres, de vieux livres. Tant de poussière dans une tête d'enfant ! Belle jeunesse, vraiment ! Et mon directeur de conscience qui me répétait sans cesse : « Vous êtes trop fier, Pierre-François, il faut rentrer en vous-même. » Alors je suis rentré en moi-même. Je n'ai jamais pu en sortir. Les imprudents ! Me laisser tout seul avec moi-même, et dire qu'ils me défendaient les mauvaises fréquentations ! Quelle inconséquence !"

"censés" j'aime bien la formulation de l'anecdote.

C'est sur qu'avec des coups de poing dans la gueule, les enfants obéiront...

Les Nazis l'avaient compris (merci pour le point Godwin) pour éduquer les enfants, il faut leur promettre quelquechose de bien au bout (un mensonge suffira largement) mais taper dessus bêtement... ca ne mènera qu'au chaos.

D'ailleurs, c'est le bordel, on se demande pourquoi... ils sont pas cons les gosses, ils ont juste envie de devenir adultes et on leur tire dessus!

-DEGAGE, sac à merde!

les nazis sont la conséquence des mauvais traitements à enfant dans les familles (cf les travaux de Alice Miller), pas la cause

le point godwin étant atteint, le fil peut être clos

Et en un temps record l’atteinte du point Godwin...

De nouveau impossible d’ouvrir les sources

Histoire qui me fait penser au film « les révoltés de l’ile du diable » .. le mauvais traitement, la traque.. peut-être que les réalisateurs se sont inspirés de cette anecdote ?

a écrit : Merci pour le poème.
Impossible en lisant ça de ne pas penser aux paroles du génial personnage de Lacenaire (le célèbre criminel du début du 20e siècle), dans "Les enfants du paradis", que fait parler Prévert: "Quand j'étais enfant, j'étais déjà plus lucide, plus intelligent que les aut
res. Ils ne me l'ont pas pardonné. Ils voulaient que je sois comme eux, que je dise comme eux. « Levez la tête, Pierre-François. Regardez-moi. Baissez les yeux. » Et ils m'ont meublé l'esprit de force, avec des livres, de vieux livres. Tant de poussière dans une tête d'enfant ! Belle jeunesse, vraiment ! Et mon directeur de conscience qui me répétait sans cesse : « Vous êtes trop fier, Pierre-François, il faut rentrer en vous-même. » Alors je suis rentré en moi-même. Je n'ai jamais pu en sortir. Les imprudents ! Me laisser tout seul avec moi-même, et dire qu'ils me défendaient les mauvaises fréquentations ! Quelle inconséquence !" Afficher tout
"Génial" n'est pas le terme que j'aurais employé pour parler de Lacenaire :)
Intéressant, à la vie compliquée, déboussolé, intelligent, un brin mégalo... mais "génial", pour parler de quelqu'un qui tue à la hache un pauvre gars et étouffe ensuite la femme ; qui s'attaque à un jeune de 18 ans pour lui voler ses quelques picaillons, et qui ne doit sa survie qu'à ses cris de douleurs... Etc, etc... Quelqu'un qui dit lui même qu'il "tue des hommes comme il boit un verre de vin"... "Génial", tu crois que c'est le bon mot, vraiment ? :)

Laurent Voulzy aussi en a parlé dans sa chanson qui s'intitule justement Belle Ile en Mer ! Les bagnes d'enfants c'est le sujet de cette chanson, vous pouvez réécouter les paroles si vous n'y aviez pas encore fait attention.

a écrit : "Génial" n'est pas le terme que j'aurais employé pour parler de Lacenaire :)
Intéressant, à la vie compliquée, déboussolé, intelligent, un brin mégalo... mais "génial", pour parler de quelqu'un qui tue à la hache un pauvre gars et étouffe ensuite la femme ; qui s'attaque à
un jeune de 18 ans pour lui voler ses quelques picaillons, et qui ne doit sa survie qu'à ses cris de douleurs... Etc, etc... Quelqu'un qui dit lui même qu'il "tue des hommes comme il boit un verre de vin"... "Génial", tu crois que c'est le bon mot, vraiment ? :) Afficher tout
Pas la peine de déchaîner toute cette bien-pensance : il parlait de l'inspiration qui a permis de créer un personnage et de lui faire dire ces répliques dans un film, pas du meurtrier lui-même.

a écrit : Laurent Voulzy aussi en a parlé dans sa chanson qui s'intitule justement Belle Ile en Mer ! Les bagnes d'enfants c'est le sujet de cette chanson, vous pouvez réécouter les paroles si vous n'y aviez pas encore fait attention. Il y a 2 théorie sur cette chanson.

1 semble venir tout droit des 2 compères :
mobile.francetvinfo.fr/culture/musique/chanson-francaise/voulzy-belle-ile-en-mer-l-histoire-de-la-chanson-des-annees-80_3393115.html

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a écrit : Il y a 2 théorie sur cette chanson.

1 semble venir tout droit des 2 compères :
mobile.francetvinfo.fr/culture/musique/chanson-francaise/voulzy-belle-ile-en-mer-l-histoire-de-la-chanson-des-annees-80_3393115.html
En effet, dans cette article, ils ne parlent pas des bagnes, alors ça a peut-être été inventé après, que cette chanson évoque les bagnes pour enfants ? Ou les bagnes l'ont influencé sans qu'il s'en rende compte ? A moins qu'il n'ait jamais entendu parler de ces bagnes ?

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