Les troubadours étaient souvent des nobles

Proposé par
le

Contrairement à ce que l'on voit souvent dans les films, le troubadour n'était pas un musicien itinérant allant de château en château pour vivre de ses chansons : la très grande majorité d'entre eux étaient des nobles, disposant de suffisamment de temps libre pour composer et jouer de la musique.

Le premier d'entre eux serait le duc d'Aquitaine, Guillaume IX, et parmi les plus célèbres on peut évoquer Bertran de Born, Guiraut Riquier, Jaufré Rudel, Gaucelm Faidit, les rois Alphonse et Jacques II d'Aragon, Bernart de Ventadorn et même Richard Cœur de Lion, le roi d'Angleterre, lorsqu'il était duc d'Aquitaine.


Commentaires préférés (3)

Le fameux fin' amor, ou amour courtois, représentatif du code d'honneur et des vertus chevaleresques exaltées à l'époque dans les milieux nobles, consistait notamment en poésies courtoises (en gros, les chevaliers draguaient en poésie). Cela donnait lieu à de nombreuses histoires romantiques, comme le troubadour Jaufré Rudel qui chanta toute sa vie son amour impossible pour une comtesse de Tripoli, dans les Etats latins de Terre Sainte, qu'il n'avait jamais vu, qu'il finit par rejoindre et, selon la légende, dans les bras de laquelle il mourut à peine arrivé.

Voici les paroles de l'une de ses chansons moulin.veste.free.fr/rudel.htm et avec la musique : www.youtube.com/watch?v=V08BbR7Lkd8

Ou encore celle-ci, de Raimon de Miraval : lepervierincassable.net/spip.php?article214

Cela dit tous les troubadours n'écrivaient pas ainsi : par exemple, Guillaume IX d'Aquitaine se vantait dans ses chansons de ses conquêtes féminines et des ruses qu'il employait pour en séduire un maximum : ainsi, dans la chanson « Farai un vers », il raconte avoir fait semblant d'être muet et simplet pour être pris en pitié par les épouses de deux de ses vassaux, afin de mieux pouvoir abuser d'elles. Les deux femmes, méfiantes, lui firent avant cela passer le « test du chat » pour vérifier son mutisme : en lui collant sur le dos un chat toutes griffes dehors, il parvint à conserver maîtrise de lui même et parvint ainsi à ses fins.

Allez anecdote deux en un : pour une femme troubadour on va parler de troubadouresse ou de trobairitz ! Là il y a de quoi se la péter en société ; )
Sinon troubadour vient de l'occitan trobador, qui signifie trouveur.

a écrit : Allez anecdote deux en un : pour une femme troubadour on va parler de troubadouresse ou de trobairitz ! Là il y a de quoi se la péter en société ; )
Sinon troubadour vient de l'occitan trobador, qui signifie trouveur.
Je l'avais mis en complément de l'anecdote, ça a du disparaitre lors de la publication^^ Merci de la précision, je corrige cependant, on disait trobaidor et non trobador, ce qui correspond au terme féminin, trobairitz comme vous l'avez dit, et tout cela venait du verbe trobar, trouver, autrement dit composer.

Le terme a son équivalent en pays d'oïl, où ces nobles compositeurs (et notamment le comte Thibaut III de Champagne) étaient appelés Trouvères.


Tous les commentaires (21)

Le fameux fin' amor, ou amour courtois, représentatif du code d'honneur et des vertus chevaleresques exaltées à l'époque dans les milieux nobles, consistait notamment en poésies courtoises (en gros, les chevaliers draguaient en poésie). Cela donnait lieu à de nombreuses histoires romantiques, comme le troubadour Jaufré Rudel qui chanta toute sa vie son amour impossible pour une comtesse de Tripoli, dans les Etats latins de Terre Sainte, qu'il n'avait jamais vu, qu'il finit par rejoindre et, selon la légende, dans les bras de laquelle il mourut à peine arrivé.

Voici les paroles de l'une de ses chansons moulin.veste.free.fr/rudel.htm et avec la musique : www.youtube.com/watch?v=V08BbR7Lkd8

Ou encore celle-ci, de Raimon de Miraval : lepervierincassable.net/spip.php?article214

Cela dit tous les troubadours n'écrivaient pas ainsi : par exemple, Guillaume IX d'Aquitaine se vantait dans ses chansons de ses conquêtes féminines et des ruses qu'il employait pour en séduire un maximum : ainsi, dans la chanson « Farai un vers », il raconte avoir fait semblant d'être muet et simplet pour être pris en pitié par les épouses de deux de ses vassaux, afin de mieux pouvoir abuser d'elles. Les deux femmes, méfiantes, lui firent avant cela passer le « test du chat » pour vérifier son mutisme : en lui collant sur le dos un chat toutes griffes dehors, il parvint à conserver maîtrise de lui même et parvint ainsi à ses fins.

Si on considère que les chanteurs d'aujourd'hui sont des troubadours, il semblerait nécessaire de donner un peu de boulot à certains d'entre eux pour qu'ils arrêtent de s'adonner à leur passion. Question de bien-être auditif public.

Allez anecdote deux en un : pour une femme troubadour on va parler de troubadouresse ou de trobairitz ! Là il y a de quoi se la péter en société ; )
Sinon troubadour vient de l'occitan trobador, qui signifie trouveur.

a écrit : Allez anecdote deux en un : pour une femme troubadour on va parler de troubadouresse ou de trobairitz ! Là il y a de quoi se la péter en société ; )
Sinon troubadour vient de l'occitan trobador, qui signifie trouveur.
Je l'avais mis en complément de l'anecdote, ça a du disparaitre lors de la publication^^ Merci de la précision, je corrige cependant, on disait trobaidor et non trobador, ce qui correspond au terme féminin, trobairitz comme vous l'avez dit, et tout cela venait du verbe trobar, trouver, autrement dit composer.

Le terme a son équivalent en pays d'oïl, où ces nobles compositeurs (et notamment le comte Thibaut III de Champagne) étaient appelés Trouvères.

Merci à LouisXI d'être revenu d'entre les morts et de prendre un peu de son temps pour nous délivrer cette anecdote intéressante :)

a écrit : Le fameux fin' amor, ou amour courtois, représentatif du code d'honneur et des vertus chevaleresques exaltées à l'époque dans les milieux nobles, consistait notamment en poésies courtoises (en gros, les chevaliers draguaient en poésie). Cela donnait lieu à de nombreuses histoires romantiques, comme le troubadour Jaufré Rudel qui chanta toute sa vie son amour impossible pour une comtesse de Tripoli, dans les Etats latins de Terre Sainte, qu'il n'avait jamais vu, qu'il finit par rejoindre et, selon la légende, dans les bras de laquelle il mourut à peine arrivé.

Voici les paroles de l'une de ses chansons moulin.veste.free.fr/rudel.htm et avec la musique : www.youtube.com/watch?v=V08BbR7Lkd8

Ou encore celle-ci, de Raimon de Miraval : lepervierincassable.net/spip.php?article214

Cela dit tous les troubadours n'écrivaient pas ainsi : par exemple, Guillaume IX d'Aquitaine se vantait dans ses chansons de ses conquêtes féminines et des ruses qu'il employait pour en séduire un maximum : ainsi, dans la chanson « Farai un vers », il raconte avoir fait semblant d'être muet et simplet pour être pris en pitié par les épouses de deux de ses vassaux, afin de mieux pouvoir abuser d'elles. Les deux femmes, méfiantes, lui firent avant cela passer le « test du chat » pour vérifier son mutisme : en lui collant sur le dos un chat toutes griffes dehors, il parvint à conserver maîtrise de lui même et parvint ainsi à ses fins.
Afficher tout
C'est l'une des anecdotes les plus complète que j'ai pu lire merci beaucoup :).

En italien le verbe "trombare" signifie très familièrement "baiser" vous pensez qu'il peux y avoir un lien entre les deux mots ?

Posté le

android

(2)

Répondre

D'ailleurs ils parlent de leurs discothèques dans les visiteurs.

C'est la boite a troubadour !

Il y a des confusions.
Ceux cités sont des trouvères et non des troubadours.
La différence est la langue. Les troubadours chantaient en langue d'oc et les trouvères en langue d'oil.
Il y en eut avant Guillaume de Machaud, mais de lui il reste les partitions

Posté le

android

(4)

Répondre

a écrit : Il y a des confusions.
Ceux cités sont des trouvères et non des troubadours.
La différence est la langue. Les troubadours chantaient en langue d'oc et les trouvères en langue d'oil.
Il y en eut avant Guillaume de Machaud, mais de lui il reste les partitions
Détrompez-vous, tous ceux cités dans l'anecdote sont bien des troubadours. Et fort heureusement, nous avons de nombreuses (enfin, relativement nombreuses^^) partitions bien antérieures à Machaut, et notamment pour de nombreux trobaidors et trouvères. Quant à Machaut, il n'est ni l'un ni l'autre, trop tardif (XIVe siècle). Par contre ces partitions anciennes sont parfois un vrai calvaire à lire !

a écrit : Allez anecdote deux en un : pour une femme troubadour on va parler de troubadouresse ou de trobairitz ! Là il y a de quoi se la péter en société ; )
Sinon troubadour vient de l'occitan trobador, qui signifie trouveur.
Je ne viens aucunement ici pour assouvir un besoin (état de frustation permanente requise ?) de "Briller en société". La curiosité est un désir a assouvir autant que le fanfaronnage l'est pour les "keke" en quête de reconnaissance... C'est dans le même esprit que la description de l'application dans le store tout ça..

Mince. Je croyais que Jaskier en était un de vrai. :(

Filez la laine! Filez la laine! De mes moutons dondaines!
Cousez mitaines! Cousez mitaines! Pour de belles capitaines!
Dévidez quenouilles et quenouillettes! Allumez chandellettes!
Bistailles et freloques et bandellettes! Biscottez les amourettes!

a écrit : Allez anecdote deux en un : pour une femme troubadour on va parler de troubadouresse ou de trobairitz ! Là il y a de quoi se la péter en société ; )
Sinon troubadour vient de l'occitan trobador, qui signifie trouveur.
D'autres disent que l'origine du mot est arabe, "tarab yadour" qui signifie chanteur ambulant...

a écrit : D'autres disent que l'origine du mot est arabe, "tarab yadour" qui signifie chanteur ambulant... Le troubadour n'étant pas un chanteur ambulant (c'est le thème de l'anecdote...), j'ai peur que cette étymologie, quoique intéressante, ne soit un peu éloignée de la réalité :)
Par ailleurs, cela semble logique que le mot désignant une réalité née en terre occitane soit en langue occitane.

Les griots dans de nombreux pays d'Afrique noire ont un rôle similaire. Ils sont très respectés et certains sont issus de castes nobles. Le chanteur malien Salif Keita est ainsi un descendant de Soundjata Keita, lui même griot et issu de la caste des rois!

Je lis cette anecdote pendant que je vais à mon lycée au nom de Jaufré Rudel, j'aurais une anecdote à placé grâce à SCMB :-)

a écrit : Et les ménestrels? Eux sont ambulants.
Dans les pays celtes ils étaient souvent harpistes. La fonction a évolué avec le temps.
Ils ont dû fuire la grande bretagne, pourchassés par les anglais. En effet, la position de harpiste itinérant leur permettait d'aller de château en château et de place en place et ainsi d'alerter de la progression de l'enemi.

Posté le

android

(3)

Répondre

Les troubadours et les trouvères qui étaient des nobles ne jouaient pas eux-mêmes leurs compositions, le chant étant une activité dépréciée et facteur de dérogeance car non-conforme à leur rang social. Des ménestrels, bardes ou jongleurs roturiers s'en chargeaient .