La terrible puissance du feu grégeois

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Le feu grégeois, une arme incendiaire ancêtre du lance-flammes utilisée par la marine byzantine, est souvent évoqué comme une arme terrible sans que l'on expose son efficacité réelle. Par exemple, en 941, une flotte d'invasion russe de plus d'un millier d'embarcations eut la mauvaise idée d'encercler une flotte de 15 navires grecs équipés de feu grégeois. Ils furent anéantis.

Cette arme consistait en un système de pompe (héritière des pompes à eau de l'antiquité romaine), projetant le liquide qui s'enflammait au contact d'une flamme placée à l'extrémité du tube, avec une portée de plusieurs mètres. On ignore ses composantes exactes, mais le liquide brûlait même sur l'eau et collait sur les cibles. Le feu grec pouvait également être lancé par le biais de grenades incendiaires et de siphons portatifs, notamment lors de sièges.


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Comme on peut le voir sur ces illustrations upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/f/f7/Greekfire-madridskylitzes1.jpg et upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/2/25/Hand-siphon_for_Greek_fire,_medieval_illumination.jpg issues du manuscrit Skylitzès (chronique byzantine du XIe siècle), ce feu était redoutable et pouvait s'utiliser dans de nombreuses situations. La chroniqueuse Anne Comnène le mentionne notamment lorsque les Romains (nom que les Byzantins, en tant qu'Empire romain d'Orient, se donnaient eux-mêmes) eurent à défendre la ville de Dyrrhachium, ou encore lors de siège de Constantinople par les Arabes omeyyades en 717-718.

Il était manipulé par un corps spécialisé de troupes, les siphonarioi, chargés pour les uns d'activer le siphon et pour les autres, des troupes d'élites, de protéger le matériel et les servants.

Par ailleurs, si bon nombre de gens connaissent le feu grégeois via la série Games of Thrones, il s'agit en fait d'une erreur de traduction : en anglais il ne s'agit absolument pas de feu grégeois mais de « wild fire », feu sauvage, ce qui explique les nombreuses différences avec le véritable feu byzantin : couleur verte, mise à feu lointaine, utilisation totalement différente, gigantesque explosion.

Attention, les Rus', pas les Russes. Le mot est probablement d'origine Viking - ils ont fondé Moscou et établi une voie commerciale vers Byzance le long de la Volga - , et serait à rapprocher de l'anglais "to row", ramer.
En russe, il y a d'ailleurs deux mots différents, pour désigner soit l'ethnie, soit la nationalité.

Une petite anecdote sympa : Les français auraient pu obtenir cette arme également, et pas sous n'importe qui (Louis XIV en l'occurrence).
C'est un parfumeur qui retrouva par hasard la formule du feu grégeois. Ce dernier en informa le roi, qui le reçut dans son cabinet, prit les papiers et les jeta dans le feu sans même les regarder. La guerre était "un art" à cette époque, et Louis XIV considérait ceci comme une infamie.

Le parfumeur en question reçut une rente régulière contre son silence, et il fut surveillé jusqu'à la fin de ses jours (naturelle?) quelques années plus tard.


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Comme on peut le voir sur ces illustrations upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/f/f7/Greekfire-madridskylitzes1.jpg et upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/2/25/Hand-siphon_for_Greek_fire,_medieval_illumination.jpg issues du manuscrit Skylitzès (chronique byzantine du XIe siècle), ce feu était redoutable et pouvait s'utiliser dans de nombreuses situations. La chroniqueuse Anne Comnène le mentionne notamment lorsque les Romains (nom que les Byzantins, en tant qu'Empire romain d'Orient, se donnaient eux-mêmes) eurent à défendre la ville de Dyrrhachium, ou encore lors de siège de Constantinople par les Arabes omeyyades en 717-718.

Il était manipulé par un corps spécialisé de troupes, les siphonarioi, chargés pour les uns d'activer le siphon et pour les autres, des troupes d'élites, de protéger le matériel et les servants.

Par ailleurs, si bon nombre de gens connaissent le feu grégeois via la série Games of Thrones, il s'agit en fait d'une erreur de traduction : en anglais il ne s'agit absolument pas de feu grégeois mais de « wild fire », feu sauvage, ce qui explique les nombreuses différences avec le véritable feu byzantin : couleur verte, mise à feu lointaine, utilisation totalement différente, gigantesque explosion.

J'aime cette phrase dans l'anecdote : "On ignore ses composantes exactes".
Au contact du feu on doit simplement brûler pour mourir.
Donc les conséquences exactes sont la mort par le feu !

Particulièrement utile lors de la bataille de la Néra

a écrit : Particulièrement utile lors de la bataille de la Néra Toi tu n'as pas lu le commentaire de l'auteur !

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Ils se sont brulés les ailes...

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Attention, les Rus', pas les Russes. Le mot est probablement d'origine Viking - ils ont fondé Moscou et établi une voie commerciale vers Byzance le long de la Volga - , et serait à rapprocher de l'anglais "to row", ramer.
En russe, il y a d'ailleurs deux mots différents, pour désigner soit l'ethnie, soit la nationalité.

L'art et la manière de "désagrég(eoy)er" tout un arsenal, composé essentiellement de bois (et donc d'autant plus inflammable) a cette époque de notre histoire, ou dans nos épopées cinématographiques préférées ! Une manière de "mettre le feu" a nos soirées télévisées ;)

Sans rire, en revanche, je suis toujours aussi stupéfait par le génie militaire de nos lointain ancêtres !

a écrit : J'aime cette phrase dans l'anecdote : "On ignore ses composantes exactes".
Au contact du feu on doit simplement brûler pour mourir.
Donc les conséquences exactes sont la mort par le feu !
Tu n'as pas tres bien compris je crois

Une petite anecdote sympa : Les français auraient pu obtenir cette arme également, et pas sous n'importe qui (Louis XIV en l'occurrence).
C'est un parfumeur qui retrouva par hasard la formule du feu grégeois. Ce dernier en informa le roi, qui le reçut dans son cabinet, prit les papiers et les jeta dans le feu sans même les regarder. La guerre était "un art" à cette époque, et Louis XIV considérait ceci comme une infamie.

Le parfumeur en question reçut une rente régulière contre son silence, et il fut surveillé jusqu'à la fin de ses jours (naturelle?) quelques années plus tard.

La formule du feu grégeois n'étaient connus que de quelques personnes dans l'empire byzantine et fut perdus probablement à cause de la mort de tout ce qui le savait. La perte de cette arme fut terrible pour l'empire qui ne pouvait plus arreter les flottes musulmanes ce qui la menat à sa chute.

a écrit : J'aime cette phrase dans l'anecdote : "On ignore ses composantes exactes".
Au contact du feu on doit simplement brûler pour mourir.
Donc les conséquences exactes sont la mort par le feu !
Ses composantes exactes, pas ses conséquences ces exactes !!

a écrit : Une petite anecdote sympa : Les français auraient pu obtenir cette arme également, et pas sous n'importe qui (Louis XIV en l'occurrence).
C'est un parfumeur qui retrouva par hasard la formule du feu grégeois. Ce dernier en informa le roi, qui le reçut dans son cabinet, prit les papiers et les jeta
dans le feu sans même les regarder. La guerre était "un art" à cette époque, et Louis XIV considérait ceci comme une infamie.

Le parfumeur en question reçut une rente régulière contre son silence, et il fut surveillé jusqu'à la fin de ses jours (naturelle?) quelques années plus tard.
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Pardon petite correction : ce n'est pas Louis XIV mais Louis XV
Cf une autre anecdote
secouchermoinsbete.fr/52829-louis-xv-a-volontairement-fait-oublier-la-formule-du-feu-gregeois

a écrit : Une petite anecdote sympa : Les français auraient pu obtenir cette arme également, et pas sous n'importe qui (Louis XIV en l'occurrence).
C'est un parfumeur qui retrouva par hasard la formule du feu grégeois. Ce dernier en informa le roi, qui le reçut dans son cabinet, prit les papiers et les jeta
dans le feu sans même les regarder. La guerre était "un art" à cette époque, et Louis XIV considérait ceci comme une infamie.

Le parfumeur en question reçut une rente régulière contre son silence, et il fut surveillé jusqu'à la fin de ses jours (naturelle?) quelques années plus tard.
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Oui, il s'agit d'Antoine Dupré, un joailler grenoblois.
Il reçu une pension de 2000 livres pour son silence.

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Voila ce qui arrive quand on joue avec le feu

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a écrit : Attention, les Rus', pas les Russes. Le mot est probablement d'origine Viking - ils ont fondé Moscou et établi une voie commerciale vers Byzance le long de la Volga - , et serait à rapprocher de l'anglais "to row", ramer.
En russe, il y a d'ailleurs deux mots différents, pour désigne
r soit l'ethnie, soit la nationalité. Afficher tout
Le mot Rus' est à l'origine du terme de Russe, les varègues (vikings suédois) ayant fondé l'état de Kiev avant de se fondre à la population locale. Au Xe siècle, lors de la tentative d'invasion de Constantinople par Igor de Kiev, Varègues et Slaves de Kiev sont le même peuple, les Rus'.
Je vous remercie pour l'étymologie du terme, je l'ignorais. Elle est établie par Régis Boyer, j'imagine ?

a écrit : J'aime cette phrase dans l'anecdote : "On ignore ses composantes exactes".
Au contact du feu on doit simplement brûler pour mourir.
Donc les conséquences exactes sont la mort par le feu !
Je parlais des composantes du liquide inflammable lui même, pas du feu, bien sur.

a écrit : J'aime cette phrase dans l'anecdote : "On ignore ses composantes exactes".
Au contact du feu on doit simplement brûler pour mourir.
Donc les conséquences exactes sont la mort par le feu !
Ce qui est étonnant c'est que tu l'écris correctement le mot que tu confonds...

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windowsphone

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On ignore vraiment la composition exacte ? Ce n'est pas "simplement" du Napalm ? Lorsqu'on lit les propriétés de cette substance, on pourrait le penser.

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a écrit : J'aime cette phrase dans l'anecdote : "On ignore ses composantes exactes".
Au contact du feu on doit simplement brûler pour mourir.
Donc les conséquences exactes sont la mort par le feu !
Pour le coup ton pseudo comme bien à ta remarque. On parle de la composition de l'huile utilisée ...

a écrit : On ignore vraiment la composition exacte ? Ce n'est pas "simplement" du Napalm ? Lorsqu'on lit les propriétés de cette substance, on pourrait le penser. le napalm s'enflamme au contact de l'air. Le feu gregeois ressemblait probablement plus au phosphore.

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