L'anesthésie peut faire surchauffer

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Dans certains cas rares, une anesthésie générale peut causer une surchauffe mortelle, appelée hyperthermie maligne. Elle est notamment déclenchée par les anesthésiques halogénés chez des patients porteurs d'une anomalie génétique rare, chez qui elle provoque une brusque élévation de la température.

C'est l'une des raisons pour lesquelles les anesthésistes récoltent un maximum d'informations sur vos antécédents médicaux et les cas d'allergie dans la famille.


Tous les commentaires (27)

Salut, étant anesthésiste, je vais me permettre quelques précisions sur tout ce qui a été dit. Pas mal de choses sont intéressantes, mais mon métier étant très méconnu et l’objet de beaucoup d’erreurs, beaucoup de commentaires sont assez loin de la vérité:
- le jeune préopératoire: en cas de chirurgie programmée, pour prévenir l’inhalation (passage de liquide digestif dans les voies aériennes), on demande d’arrêter tout sauf les liquides clairs 6h avant et d’arrêter les liquides clairs (eau, thé et café sans lait) 2h avant. Certains prolongent ces durées, les arrondissent, afin que ce soit plus simple pour les patients. Par exemple dire stop à minuit, plutôt que 2h du matin pour une chirurgie prévue à 8h, ce qui au final ne change pas grand chose, la majorité des gens ne se tapant pas une raclette entre minuit et 2h…
- une overdose d’opiacés (cf n’importe quel film) tue par un arrêt respiratoire, non pris en charge par assistance respiratoire ou antidote. La mort survient donc par un arrêt cardiaque hypoxique (manque d’oxygène gravissime).
- l’anesthésie générale passe systématiquement par un arrêt respiratoire et donc par l’absolue nécessité d’une assistance respiratoire. Celle-ci est apportée par un respirateur, auquel le patient est branché par l’intermédiaire d’une sonde d’intubation (dans certains cas, on peut utiliser un autre dispositif, mais restons dans le cas classique…). Le but à l’induction de l’anesthésie est donc de faire une sorte de mini overdose très contrôlée, en associant morphiniques et hypnotiques. Ce point semble anxiogène, mais c’est aussi pour ça que ça prend 11 ans à apprendre comme métier.
Conséquences des 2 derniers points dans le cas des patients toxicomanes aux opiacés: il ont besoin de doses supérieures à la moyenne, puisque leur organisme a acquis une tolérance vis à vis de ces molécules. Les toxicomanes aux « stimulants », comme vous dites, ne se réveillent pas plus vite. En effet ces molécules ne fonctionnent en général pas par les mêmes voies pharmacologiques que les agents anesthésiques, l’accoutumance de ces toxicomanes n’a que peu d’influence sur leur AG.
- la dose d’induction (pour endormir) ne sert pas à régler le temps d’anesthésie, mais juste à endormir. La durée est gérée par l’administration en continu des agents anesthésiques.
Au final ça marche quand même pas mal, puisque, pour un patient sain subissant une chirurgie bénigne, le risque de décès est à peu de choses près le même que quand on prend sa voiture. N’hésitez pas si ce que j’ai raconté vous intrigue ;)

Merci pour ton apport éclairant, instructif et qui remet en place.

Par contre, il semble y avoir eu du ménage mais fait assez bizarrement.
Je n'ai reçu aucun mail me disant pourquoi mon message citent la sfar avait été supprimé surtout quand on voit ceux qui on été laissés.

a écrit : Ça me dérange beaucoup que ton alcoolisme soit ici banalisé. Tu as tout compris de travers. Je ne leur ai pas menti, le fait que je sois alcoolique a juste un peu contré l'effet des anesthésiants, et j'ai l'habitude d'avoir la tête qui tourne, c'est ça qui les a surpris.

Je ne prône pas la consommation d'alcool, je voulais juste détailler mon expérience. Mais si tu veux en débattre, quid des gens qui prennent des antidépresseurs remboursés par la sécu? C'est de la drogue aussi, ces trucs. Et c'est bien plus puissant qu'une demi bouteille de rhum.

Un petit Tranxène? C'est gratos!

a écrit : Salut, étant anesthésiste, je vais me permettre quelques précisions sur tout ce qui a été dit. Pas mal de choses sont intéressantes, mais mon métier étant très méconnu et l’objet de beaucoup d’erreurs, beaucoup de commentaires sont assez loin de la vérité:
- le jeune préopératoire: en cas de chirurgie programmée,
pour prévenir l’inhalation (passage de liquide digestif dans les voies aériennes), on demande d’arrêter tout sauf les liquides clairs 6h avant et d’arrêter les liquides clairs (eau, thé et café sans lait) 2h avant. Certains prolongent ces durées, les arrondissent, afin que ce soit plus simple pour les patients. Par exemple dire stop à minuit, plutôt que 2h du matin pour une chirurgie prévue à 8h, ce qui au final ne change pas grand chose, la majorité des gens ne se tapant pas une raclette entre minuit et 2h…
- une overdose d’opiacés (cf n’importe quel film) tue par un arrêt respiratoire, non pris en charge par assistance respiratoire ou antidote. La mort survient donc par un arrêt cardiaque hypoxique (manque d’oxygène gravissime).
- l’anesthésie générale passe systématiquement par un arrêt respiratoire et donc par l’absolue nécessité d’une assistance respiratoire. Celle-ci est apportée par un respirateur, auquel le patient est branché par l’intermédiaire d’une sonde d’intubation (dans certains cas, on peut utiliser un autre dispositif, mais restons dans le cas classique…). Le but à l’induction de l’anesthésie est donc de faire une sorte de mini overdose très contrôlée, en associant morphiniques et hypnotiques. Ce point semble anxiogène, mais c’est aussi pour ça que ça prend 11 ans à apprendre comme métier.
Conséquences des 2 derniers points dans le cas des patients toxicomanes aux opiacés: il ont besoin de doses supérieures à la moyenne, puisque leur organisme a acquis une tolérance vis à vis de ces molécules. Les toxicomanes aux « stimulants », comme vous dites, ne se réveillent pas plus vite. En effet ces molécules ne fonctionnent en général pas par les mêmes voies pharmacologiques que les agents anesthésiques, l’accoutumance de ces toxicomanes n’a que peu d’influence sur leur AG.
- la dose d’induction (pour endormir) ne sert pas à régler le temps d’anesthésie, mais juste à endormir. La durée est gérée par l’administration en continu des agents anesthésiques.
Au final ça marche quand même pas mal, puisque, pour un patient sain subissant une chirurgie bénigne, le risque de décès est à peu de choses près le même que quand on prend sa voiture. N’hésitez pas si ce que j’ai raconté vous intrigue ;)
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Merci pour cet éclairage, aussi petit soit-il.

Qu'en est-il du réveil ? Après ma toute première opération (hernie hiatale), il paraît que j'ai tenu un grand discours en salle de réveil pendant un assez long moment avant de me rendormir, avec l'air bien conscient alors que je ne me rappelle de rien.
Est-ce une situation normale.

Qu'en est-il d'une anesthésie d'une personne alcoolique ? Est-ce la cause de l'anecdote de @Nico, où il a pu repartir chez lui en voiture après seulement 4h de réveil ?

a écrit : Merci pour cet éclairage, aussi petit soit-il.

Qu'en est-il du réveil ? Après ma toute première opération (hernie hiatale), il paraît que j'ai tenu un grand discours en salle de réveil pendant un assez long moment avant de me rendormir, avec l'air bien conscient alors que je ne me rappelle d
e rien.
Est-ce une situation normale.

Qu'en est-il d'une anesthésie d'une personne alcoolique ? Est-ce la cause de l'anecdote de @Nico, où il a pu repartir chez lui en voiture après seulement 4h de réveil ?
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Les médicaments utilisés, essentiellement les hypnotiques, ont à petite dose tendance à lever les inhibitions. Donc au réveil, quand la concentration circulante et cérébrale de ces médicaments est suffisamment basse pour que vous soyez éveillé et puissiez parler, il arrive que les gens soient assez désinhibés. Ce qui disparaît rapidement avec la fin de l’élimination de ces molécules.

Les patients alcooliques peuvent demander des doses supérieures pour être endormis, mais nettement moins que les toxicomanes aux opiacés. Ceci est assez difficilement prévisible, d’où l’intérêt de la titration (de petites doses répétées, administrées progressivement afin d’arriver à la dose nécessaire). En France, il est totalement interdit de conduire dans les 24h qui suivent une anesthésie générale, même courte, même chez un patient jeune, même le matin, même si le patient a l’air en forme. Si certains s’y risquent, c’est à leurs risques et périls et sans assurance d’aucune sorte ;)

a écrit : Ça me dérange beaucoup que ton alcoolisme soit ici banalisé. Tu préférerais peut-être être que ce soit un tabou ?

Moi je trouve ça très bien qu'il en parle sans gêne, il ne le valorise pas non plus, mais au moins la parole est ouverte.

Après libre à nous d'être curieux ou non, mais l'info est passée.

a écrit : Tu préférerais peut-être être que ce soit un tabou ?

Moi je trouve ça très bien qu'il en parle sans gêne, il ne le valorise pas non plus, mais au moins la parole est ouverte.

Après libre à nous d'être curieux ou non, mais l'info est passée.
J’ai pas dit qu’il devait se cacher, mais ne rien dire c’est consentir. Et non je ne consens pas, ni pour lui ni pour les jeunes générations qui nous lisent.

L’alcoolisme est une maladie qui conduit à de graves complications.

Après pour Nico que les choses soient claires, je n’ai absolument rien contre lui, c’est un gars intelligent qui contribue à scmb, que j’apprécie lire et qui apporte parfois de belles réflexions. Je ne remet pas en doute ses qualités, elles ne sont plus à prouver.